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Perception. Variations lilloises sur l’(in)utilité des journalistes. Deux jours passés à Lille pour les 2e Assises internationales du journalisme: quel bilan?

Variations lilloises sur l’(in)utilité des journalistes

Ben, ça va mal. La seule occasion de sourire m’a été fournie par la contribution de l’historien Patrick Eveno à la question de l’année: à quoi sert un journaliste? « Quelle question saugrenue : tout le monde sait qu’un journaliste sert à cirer les pompes de ses chefs, de son patron, des publicitaires, des hommes politiques et des chefs d’entreprise. Ce qui lui permet au passage de gagner maigrement sa vie. S’il est un peu aigri de cette situation, il s’en satisfait parce qu’il ne saurait pas faire grand-chose d’autre dans la vie réelle et parce que la fréquentation des puissants lui donne quelque importance auprès de son entourage. » Pour le reste, ce sont le désarroi et la tentation du repli qui dominent. Jean-François Kahn en décrivant les évolutions nécessaires dessine en creux la dérive d’une profession qui refuse encore de s’interroger véritablement sur elle-même. Faut-il faire plus de Sarkozy? Les journalistes vont-ils devenir des marques grâce à Internet ?, par Xavier Ternisien.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Xavier Ternisien Que se passerait-il si les 50 meilleurs journalistes du New York Times quittaient le quotidien de la 8e Avenue et créaient leur propre entreprise de presse, sous la forme d'un site Internet ?

Les journalistes vont-ils devenir des marques grâce à Internet ?, par Xavier Ternisien

C'est Michael Arrington, fondateur du blog américain TechCrunch, qui a posé la question dans un billet du 30 juillet. "Le budget pour réunir une équipe bien payée composée des meilleurs journalistes de la planète s'élèverait à 25 millions de dollars par an, estime-t-il. Combien de temps faudra-t-il à ce site pour atteindre les 16 millions de visiteurs uniques et les 124 millions de pages vues du site du New York Times ? Cinq ans ? Michael Arrington cite en exemple le site Internet Politico, spécialisé dans une couverture très incisive de la vie politique américaine, qui a été créé par deux anciens journalistes politiques du Washington Post.

Les jeunes journalistes sont plus à l'aise que les anciens avec ce concept de personal branding. Les jeunes incapables de s’informer sur le net. Les étudiants qui arrivent dans l’enseignement supérieur seraient incapables d’effectuer des recherches documentaires et informationnelles, y compris via Internet.

Les jeunes incapables de s’informer sur le net

C’est à cette conclusion pour le moins amusante mais préoccupante que sont arrivées l’ASBL Edudoc et le Conseil inter-universitaire francophone (CIUF). Amusante parce que les 1.865 jeunes qui ont répondu à l’enquête sont pourtant des habitués de Google, MSN ou Wikipédia. Mais malgré qu’ils baignent dans l’univers du Net depuis déjà quelques années, ils n’obtiennent qu’une note moyenne de 7,67 sur 20. Pire encore, 93% d’entre eux ne décrochent pas la « satis ». On pourrait penser que ce sont les étudiants qui disposent d’une connexion Internet à domicile qui réalisent le meilleur résultat. Il existe des outils de très haut niveau sur Internet, mais il faut pouvoir les dénicher sans se laisser attirer par les fausses pistes.

Question éthique, c’est la catastrophe. Une information est de qualité?