Notre cerveau à l’heure des nouvelles lectures. Maryanne Wolf, directrice du Centre de recherche sur la lecture et le langage de l’université Tufts est l’auteur de Proust et le Calmar (en référence à la façon dont ces animaux développent leurs réseaux de neurones, que nous avions déjà évoqué en 2009). Sur la scène des Entretiens du Nouveau Monde industriel au Centre Pompidou, la spécialiste dans le développement de l’enfant est venue évoquer « la modification de notre cerveau-lecteur au 21e siècle » (voir et écouter la vidéo de son intervention)… Image : Maryanne Wolf face au public sur la scène du Centre Pompidou, photographiée par Victor Feuillat. Comment lisons-nous ? « Le cerveau humain n’était pas programmé pour être capable de lire. Il était fait pour sentir, parler, entendre, regarder… Mais nous n’étions pas programmés génétiquement pour apprendre à lire ».
La présentation de Marianne Wolf via l’IRI. Pour autant, le circuit de la lecture n’est pas homogène. Pourquoi la lecture numérique est-elle différente ? Hubert Guillaud. Le nouveau baromètre des usages du livre numérique. Une seconde enquête sur les usages du livre numérique en France vient d’être réalisée par l’institut de sondage Opinion Way à la demande du Syndicat national de l’édition (SNE), de la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (SOFIA) et de la Société des gens de lettres (SGDL).
Elle montre que la lecture de livres numériques gagne du terrain puisque 14 % des Français âgés de 15 ans et plus déclarent avoir déjà lu un livre numérique, alors qu’ils n’étaient que 8 % à le déclarer lors de la précédente enquête réalisée en mars 2012. Selon les chiffres clés recueillis, le lecteur type d’un ebook est un homme jeune, diplômé et gros lecteur de livres papier. Les supports privilégiés pour la lecture sont la liseuse pour 85 % des lecteurs de livres numériques et la tablette (82 %). Pour en savoir plus : Baromètre des usages du livre numérique en France, les chiffres clés, IDBOOX, 10 novembre 2012.
Pour aller plus loin : La lecture, passe-temps inavouable ? DEPP-NI-2012-21-PIRLS-2011-Etude-internationale-lecture-eleves-CM1_236680. La lecture plaisir chez les jeunes. Par Frédérique Yvetot La lecture de loisir chez les jeunes décline et notamment à partir du collège, c'est ce qu'affirme Sylvie Octobre, sociologue chargée d'études sur les jeunes au DEPS (département des études, de la prospective et des statistiques au ministère de la Culture) dans un entretien sur le site LePoint.fr. 33,5 % des enfants de 11 ans disent lire tous les jours pour leur plaisir, ils ne sont que 18% à 13 ans, 14 % à 15 ans et 9 % à 17 ans. Sylvie Octobre explique que cette baisse de la lecture loisir n'est pas une nouveauté, c'est un phénomène générationnel observé depuis les années 60 : « On lit moins aujourd'hui qu'hier ».
Pour ses loisirs,chaque génération lit moins que la précédente (le développement d'Internet, des réseaux sociaux, des moyens de communication y sont peut-être dernièrement pour quelque chose...). Cette baisse est une catastrophe ? L'entretien sur LePoint.fr. Une enquête inédite. Les loisirs sont une affaire sérieuse, comme en témoignent les résultats des enquêtes portant sur les pratiques culturelles. Néanmoins, sur le modèle de la plus célèbre d’entre elles, l’enquête sur les Pratiques culturelles des Français, celles-ci se sont majoritairement attachées aux pratiques des adultes (en réalité les plus de 15 ans), comme si les plus jeunes étaient implicitement considérés soit comme des héritiers ou des reproducteurs des pratiques parentales, soit comme des consommateurs passifs soumis à l’imposition médiatique.
La culture des moins de 18 ans, une terra incognita ? Pas vraiment : ces dernières années en effet, les travaux se sont multipliés (1). Leur rigueur scientifique permet d’éviter les écueils tant des discours alarmistes que des visions enchantées, qui ont, paradoxalement, comme point commun d’unifier une hypothétique « culture jeune ». Dans ce paysage, l’apport de l’enquête L’Enfance des loisirs (2), présentée ici, est bien évidemment son ampleur.