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Jean Lorrain

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Jean lorrain. JEAN LORRAIN - Accueil. Jean Lorrain. Gallica - Lorrain, Jean (1855-1906). L'ombre ardente : poésies / Gallica - Lorrain, Jean (1855-1906). L'ombre ardente : poésies / Gallica - Lorrain, Jean (1855-1906). Le vice errant : coins de B. Jean Lorrain : Nuit de veille (1895) Ma mère était très mal; nous habitions alors en province un grand pavillon Louis XIII situé un peu à l'écart de la ville. Flanqué d'un avant-corps, il dressait ses hauts toits d'ardoises au fond d'un grand jardin aux cimes bruissantes ; le vent de la mer ne les laissait jamais immobiles, et, sous ce perpétuel assaut, sapins, marronniers et bouleaux avaient fini par s'incliner dans la direction de la vallée, un paysage charmant qui portait un nom plus charmant encore : Fécamp. Mon instinctif effroi de ces pelouses à l'abandon et de ces verdures tardives au printemps, tôt rouillées en automne, était alors aggravé chez moi par l'angoisse où nous vivions déjà depuis deux mois, mon père et moi, près du chevet de ma mère.

Je pouvais bien avoir seize ans, grand garçon poussé trop vite, délicat et désoeuvré entre les mains d'un professeur. Le médecin, dans la crainte d'affecter le moral de la malade par une robe de religieuse, avait jugé bon de m'en constituer le gardien. . - Ah ! Oh ! - Ah ! Jean Lorrain : La chambre close (1891) L'hostilité de certains logis et de certaines chambres de province, leur air mortuaire et fermé, jamais je ne l'avais si profondément ressentie que cette triste et pluvieuse matinée d'octobre quand la porte de la haute pièce, où le valet de ferme venait de déposer ma valise, presque silencieusement, d'elle-même se referma.

Qu'étais-je venu faire par cet automne malade dans ce pavillon perdu dans les bois, et moi qui suis le plus piètre chasseur du monde et qui joins à une instinctive indolence une horreur presque physique des armes à feu, quelle malsaine idée m'avait pris de venir suivre ici les battues en forêt du marquis de Hauthère et de quitter Paris, le boulevard et le journal pour m'enterrer vivant dans ces mornes futaies, à la veille de Cléopâtre et de la grande rentrée de Réjane dans la pièce de Meilhac ?

Chambre étrange: on eût dit qu'elle avait un secret D'une chose très triste, et dont elle était lasse D'avoir vu le mystère en fuite dans la glace... - Emmenez-moi ! Emmenez-moi! Jean Lorrain : Une nuit trouble (1895) - La somme de mystère et d'effroi flottant dans l'impalpable et l'invisible, les affinités de certains éléments fantômes, comme le vent par exemple, avec certaines formes d'animaux tenant du rêve et du cauchemar, l'aspect sorcier de certains paysages entrevus à des heures troubles et le caractère équivoque de quelques créatures, certains oiseaux entre autres, véritables ébauches de gnomes et de monstres échappés d'une tentation de Cahot ou d'une scène bohémienne de Goya, personne n'en a mieux exprimé le frissonnement et l'angoisse maladive que ce madré poète paysan dans son livre La Nature et de Jacquels, d'un geste indifférent, désignait, traînant là grand ouvert sur la table, le dernier volume de Maurice Rollinat.

Avez-vous lu sa Nuit d'orage ? Là-bas devant vos yeux hallucinés par l'ombre Dans la haute fenêtre, où chuchote le vent, Une forme s'ébauche inerte et se mouvant .......................................... Des rampements de spectre et des frôlements d'âme ! Eh bien ! Jean Lorrain : Dolmancé (1895) Pour L. W. Hawkins - Sadique, sadique, on croit avoir tout dit quand on a épinglé cette épithète au dos du premier maniaque... je veux dire du dernier maniaque venu... Parole d'honneur, c'est à hausser les épaules ou à se tordre ? Et, les lèvres tirées par un équivoque sourire, notre hôte Gérard Asseline continuait à échelonner sur le tapis vert les rois de coeur et les as de pique de sa réussite solitaire.

Dehors, le vent soufflait en bourrasque et la mer striée d'écume, à la fois verte et blanche sous un ciel couleur d'écaille d'huîtres, se démenait avec un bruit sourd entre les deux hautes falaises toutes ruisselantes de pluie : il pleuvait depuis le matin, il avait plu encore la veille et, retenus à la villa des Saules par de torrentielles ondées d'équinoxe, voilà deux jours que nous nous cantonnions désespérément, mélancoliquement, essayant de tuer le temps et de tromper notre ennui par de successives parties de baccara, dans le grand hall, transformé en salon de jeu, de la villa.