background preloader

Route de la soie

Facebook Twitter

Le Kazakhstan confronté aux appétits chinois et russes. Xinjiang : bienvenue dans l’enfer made in China. Le train K179 file dans le bassin du Tarim, l’immense zone désertique qui occupe le sud de la région autonome du Xinjiang.

Xinjiang : bienvenue dans l’enfer made in China

On est ici encore en Chine et déjà en Asie centrale. Sur les rideaux du wagon-restaurant, des chameaux brodés rappellent qu’au temps de la route de la soie – et jusqu’au milieu du XXe siècle, des caravanes sillonnaient toujours ce territoire, cheminant d’une oasis à l’autre pour rejoindre le Kazakhstan ou le Kirghizistan tout proches. Par la fenêtre, une alternance de plaines pelées, de champs de maïs et de pomme de terre en fleur. Des peupliers droits comme des « i » bordent les chemins. Au loin, des collines martiennes, rouges et ocre, sans végétation. Monsite. Expose1ere Spe Puissance1. Routes de la soie : « L’Occident incapable de trouver une stratégie cohérente, à la mesure du défi que jette la Chine » Tribune.

Routes de la soie : « L’Occident incapable de trouver une stratégie cohérente, à la mesure du défi que jette la Chine »

La visite du président chinois Xi Jinping en Italie et en France préfigure-t-elle le monde de demain ? Son pays est, en tout cas, le grand bénéficiaire du nouvel ordre économique mondial. En 2050, la Chine en sera numéro un, distançant l’Inde et les Etats-Unis. Si la guerre n’a pas entre-temps fracassé ces projections en actionnant le « piège de Thucydide » : un conflit entre la puissance montante, la Chine, et la puissance établie, les Etats-Unis, comme dans l’Antiquité entre Athènes et Sparte. Cela fait déjà des décennies que, sans déclaration de guerre, la Chine et les Etats-Unis s’opposent sur trois fronts.

Le premier front est bien visible en mer de Chine du Sud où transite un tiers du trafic maritime mondial. Le second front, plus discret, concerne la maîtrise des hautes technologies, des semi-conducteurs à l’intelligence artificielle. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Affaire Huawei : « Ce n’est pas en se divisant face à la Chine que l’Europe regagnera du terrain » La « route de la liberté », contre-projet de l’Inde face à la « route de la soie » La « route de la liberté » contre la « route de la soie ».

La « route de la liberté », contre-projet de l’Inde face à la « route de la soie »

Seulement quelques jours après l’organisation du premier « sommet des routes de la soie » à Pékin, le premier ministre indien Narendra Modi a dévoilé, en mai, à l’occasion d’une réunion de la Banque africaine de développement (BAD) qui se tenait pour la première fois à Ahmedabad, en Inde, un autre projet de route commerciale : le « corridor de la croissance Asie Afrique » (AAGC, Asia Africa Growth Corridor), surnommé la « route de la liberté ». L’AAGC propose de créer une région Indo-Pacifique « libre et ouverte » en redynamisant d’anciennes routes maritimes reliant l’Afrique au Pacifique, en passant par l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est. Le projet porté par le Japon et l’Inde est aux antipodes des « routes de la soie ». Il met l’accent sur le « développement durable » plutôt que sur le commerce, et s’appuie exclusivement sur les voies maritimes à « bas coût » avec une « faible empreinte carbone ».

Chine et Eurasie. Le chantier - très géopolitique - des Routes de la soie. LE PROJET chinois des « Routes de la soie », qui plonge profondément dans l’histoire, a été officiellement lancé en 2013 par le président Xi Jinping.

Chine et Eurasie. Le chantier - très géopolitique - des Routes de la soie

Il s’agit de développer des lignes de communication routières, ferroviaires et maritimes pour relier la Chine à l’Europe et à l’Afrique orientale. Sur le plan terrestre, l’Asie centrale et le Caucase du Sud ex-soviétique ainsi que l’Europe orientale, mais aussi l’Iran et la Turquie, sont directement concernés par cette véritable geste géopolitique chinoise. Sur le plan maritime, la Corne de l’Afrique et l’Afrique orientale constituent également un objectif d’importance. On voit donc qu’il s’agit d’un projet global, dont la réalisation demandera des décennies et qui s’appuie à ce stade sur la construction d’ambitieuses infrastructures, dont les Chinois sont des champions sur le plan technique. Cette volonté de « desserrement » occidental de la Chine s’inscrit dans une vision clairement géopolitique. La Chine à la conquête du commerce mondial (les nouvelles routes de la soie)

Vers une nouvelle route de la soie Le dessous des cartes [ Arte ] Routes de la soie, nouvelle route de la soie. La nouvelle route de la soie (parfois aussi au pluriel) est un projet stratégique chinois visant à relier économiquement la Chine à l’Europe en intégrant les espaces d’Asie Centrale par un vaste réseau de corridors routiers et ferroviaires.

Routes de la soie, nouvelle route de la soie

Dans son versant maritime, ce réseau de routes commerciales inclut les espaces africains riverains de l’Océan indien. Surnommé le « projet du siècle » par Xi Jinping, le programme OBOR, pour « One Belt, One Road » (« Une Ceinture, Une Route ») vise à créer une nouvelle génération de comptoirs transnationaux. C’est en 2013, lors d’une tournée en Asie centrale, que le président chinois nouvellement élu mentionnait à Astana (Kazakhstan) son projet de ressusciter la mythique route caravanière qui reliait, il y a près de 2 000 ans, Xi’an en Chine à Antioche en Syrie médiévale (aujourd’hui en Turquie). Depuis, ce projet est devenu central dans la politique économique chinoise. Politiquement, l'objectif est autant intérieur qu’international.