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Janvier

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Demonoid.com - Pitchfork Media Top 50 Albums of 2008. Anthony and The Johnsons. Au-delà de l’anecdote, on peut mesurer le chemin parcouru par un artiste étranger aux conditions de son séjour promotionnel en France.

Anthony and The Johnsons

La première fois qu’on le rencontrait, il y a plus de quatre ans, Antony n’était personne. Son deuxième album, I’m a Bird Now, venait de sortir sur le label indépendant américain Secretly Canadian. Aucun label européen n’avait voulu le sortir. Il était écoulé en France par un petit distributeur qui a depuis mis la clé sous la porte. Neil Young. Ce live incunable, enregistré début novembre 1968 dans le Michigan, offre un nouvel avant-goût de l’hypothétique coffret d’archives de Neil Young, éternellement repoussé et programmé (jusqu’à nouvel ordre) pour le début (ou au moins avant la fin) de l’année prochaine.

Neil Young

Le disque est accompagné d’un DVD. Alors, bien sûr, on rêve d’images d’époque. Et quand on appuie sur “play”, ça plaît pas : on a droit à la même piste audio que sur le CD, avec une image fixe de Neil Young (la même que celle de la pochette) et de la neige qui tombe. The Secret Machines. KTL. On le pensait habitant New York ou Los Angeles, mais c’est dans le 20e arrondissement de Paris que réside depuis quelques années Stephen O’Malley, guitariste et fondateur de Sunn O))).

KTL

Ce groupe, depuis le début des années 2000, s’évertue à métamorphoser le metal en le rendant plus minimaliste, monolithique, brut et hypnotique, comme s’il avait été créé par un étrange mariage barbare entre Black Sabbath et les minimalistes new-yorkais des années 60 comme La Monte Young, Terry Riley ou Steve Reich. Une formule qui a fait ses preuves : en quelques albums, Sunn O))) a créé un genre bien à part, le drone-metal, dont il est toujours à l’avant-garde et qui connaît une résonance certaine auprès de publics restreints mais très fidèles. Le groupe a ainsi suscité pas mal de vocations et tourne sans relâche en Europe, aux Etats-Unis, au Japon.

White Lies. Il y a un peu plus d’un an, les trois membres de White Lies jouaient encore sous le nom froussard de Fear of Flying de la pop délurée et hérissée.

White Lies

Alors que les Wombats ordonnent gaiement Let’s Dance to Joy Division, ils décident de désobéir : leur credo, ce sera plutôt "Broyons du noir sur du Joy Division. " Véritable tableau d’affichage pour cette génération d’artistes à l’ère du 2.0, le bulletin MySpace tombe un jour d’octobre 2007 : "Fear of Flying est mort. Vive White Lies ! " Ce changement de nom leur permet de faire table rase de leur première expérience musicale, formatrice mais trop éloignée de leurs préoccupations profondes. "Notre identité s’est peu à peu affinée pendant notre adolescence et nos envies étaient devenues trop différentes de Fear of Flying, déclare le bassiste et principal songwriter Charles Cave. Une bonne partie des dix morceaux de To Lose My Life… aborde le thème de la mort, à commencer par la toute première chanson, intitulée en toute logique Death.

Elliott Brood. Comme un coup d’éperon labourant les flancs écumants du bronco indomptable, la presse les a qualifiés un jour de “Nirvana de la country”.

Elliott Brood

Un trio, des mélodies pop à embraser les stades, mais chantées avec la voix du dernier homme sur terre – seul et apeuré. De la sueur, de la bile et de l’adrénaline. Des chansons qui avancent à tombeau ouvert, jamais à l’abri d’un dérapage. Franck Turner. Pierces (The) Fires Of Rome. Alaska In Winter. Carbon/Silicon. Repartir de zéro est un fantasme assez commun à nombre de rockers qui doivent affronter les outrages solidaires du déclin physique et de la perte d’inspiration.

Carbon/Silicon

Sur scène, il y a un côté presque pathétique et en même temps charmant que de voir ces deux messieurs, le toujours très gentleman Mick Jones et le nettement plus étudié Tony James, prendre des pauses de jeunes hommes, de gommeux teigneux. Car lorsqu’on ajoute l’âge de Mick Jones, guitariste de Clash et de Big Audio Dynamite, à celui de Tony James, bassiste de Generation X et de Sigue Sigue Sputnick, on obtient l’âge du premier camp boy-scout, fondé en Angleterre par Baden Powell en 1907.

Cet album du nouveau groupuscule de deux des plus fameux vétérans du punk anglais ne cesse en l’occurrence d’étonner par son esprit “toujours prêt !”. Toujours prêt à brancher les guitares. Et toujours prêts à aligner dessus des riffs archi éculés, piqués sans vergogne au luxueux étalage des Kinks, Who et autres Led Zeppelin. Color Cassette. Démarrée sur un ordinateur dans une chambrette solitaire du Kentucky, l’aventure Color Cassette a aujourd’hui pris chairs, voix et textures au rythme de rencontres de moins en moins virtuelles.

Color Cassette

Mais même étoffé, magnifié, l’esprit demeure le même : d’une paix contagieuse, la pop-song est ici étirée et adoucie jusqu’au laconique, jusqu’au murmure. On connaît très bien, de Brian Eno à John Cunningham, d’Eyeless in Gaza à Talk Talk, cette façon de tricoter : une maille de guitare, une de voix angélique, une de violoncelle, deux de silence. Parfois, Jason Corder, âme sensible de ce faux groupe, siffle : comme les enfants dans le noir quand ils se sont fait un gros film et peur à la fois. Pour décrire ces cliquetis et brindilles électroniques, les durs parleront de musique puérile, de refrains chétifs. Ils ricaneront peut-être en apprenant le concept de cette odyssée de poche : l’histoire d’un enfant devenu moineau perdu dans une forêt magique.

Honkeyfinger. Sa musique, Honkeyfinger l’a trouvée dans le berceau du blues.

Honkeyfinger

Mais bercée trop près du mur, derrière lequel il y avait le local à poubelles. Diplo. Depuis des années, c’est devenu un passionnant jeu de piste, qui ordonne des nuits blanches mais enrichit considérablement l’alimentation de base de l’iPod.

Diplo

Ou comment on peut se retrouver, le matin, les yeux rouges mais la mine réjouie, après avoir déniché sur le énième blog visité ce satané remix de Diplo qui manquait à une collection déjà riche en sommets. L’Américain a visiblement eu pitié de nous, de nos insomnies et de notre coupable obsession, leur offrant un remède radical : une compilation rutilante de ses meilleurs remixes. Watine. La Voix Off & Polemix. Devenus incontournable chroniqueurs par l’absurde du quotidien politique sur le site de Libération, ces deux Tourangeaux compilent quatre-vingt de leurs mauvais coups – sous la ceinture souvent.

La Voix Off & Polemix

Avec des ciseaux, sans doute des drogues douces, probablement du vin de Chinon, un sampler hilare et des heures de réthorique politicarde qui ne mérite souvent que ces coups vaches dans les tibias, ils font dire à peu près n’importe quoi à tous les bonimanteurs, que leurs slogans soient publicitaires ou politiques. Ensuite aussi d’ailleurs : se souvenir par exemple du show évangéliste possédé de Ségolène Royal au Zénith, voix de casserole en alu qui offre à cet album son moment de bravoure surréaliste, Royal De Luxe “J’ai la passion du pesticide, je sais que les Français sont habités par la même passion.

Goran Bregovic. Et si Goran Bregović, quinquagénaire qui ne les fait pas, star du rock yougoslave dans les années 80, compositeur émérite de musiques de films dans les années 90 (pour Kusturica et Chéreau) et premier ambassadeur en occident des musiques balkaniques avec son Orchestre des Mariages & des Enterrements, n’était au fond, au fond de la bouteille, qu’un petit garçon un peu triste, livré à lui-même, à qui s’applique le proverbe français (mais à portée universelle) « les parents boivent, les enfants trinquent » ?

Devant une tasse de thé, un matin d’hiver, Goran Bregović explique : « Je suis d’une famille d’alcooliques. Mes parents ont divorcé parce que mon père, colonel, buvait trop, comme la plupart des officiers communistes. Alors il s’est fait soigner, il n’a pas bu pendant quinze ans. Le šljivovica qui donne son petit nom à l’album, c’est le rakija serbe, un alcool de prune (« un distillat primitif ») qui se boit chaud l’hiver et froid l’été. C’est le premier volet du projet Alkohol. Trotignon Baptiste. Elizete Cardoso. Franz Ferdinand. La majorité des personnes qui liront cet article ont rencontré pour la première fois François Ferdinand à l’adolescence, au hasard d’un cours un peu ennuyeux d’histoire sur les prémices de la guerre mondiale, où il était question d’un attentat, d’un archiduc et de Sarajevo.

Les choses ont changé et, si les plus jeunes ont aussi découvert ce nom à l’adolescence, pour les plus chanceux, ce fut loin des bancs d’école et des manuels scolaires, dans l’enceinte sombre et encore enfumée de la Boule Noire. Quatre Ecossais répondant au patronyme de Franz Ferdinand, venant tout juste de déballer un premier single explosif (Darts of Pleasure), s’y étaient produit un soir de l’automne 2003 dans le cadre du festival des Inrocks, déballant le premier d’une longue série de concerts parisiens dans des salles à chaque fois plus grosses (Cigale, Zenith). “On a toujours voulu aller à l’encontre de la mode. Warsaw Village Band. Warsaw Village Band - Uprooting. Kapela Ze Wsi Warzawa.Warsaw Village Band (download torrent) - T. Warsaw Village Band - Uprooting (Flac) : Music > Other - Mininov.

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