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Intenses Karkwa. Wilco : rock vétéran en mouvement. R.E.M out, et ce bien avant l’annonce de sa séparation, il ne reste plus tellement de piliers vraiment solides sur lesquels compter outre-Atlantique.

Wilco : rock vétéran en mouvement

Le hip-hop brillant de DJ Cam. Lou Reed et Metallica : les noces barbares. Ce 13 juillet 2011, les journalistes espagnols montent à l’assaut de la suite 1203 au premier étage du Claridge de Londres où se déroulent les interviews qu’accordent Lou Reed et Metallica autour de Lulu, leur album commun.

Lou Reed et Metallica : les noces barbares

Dès la première question, ils se font jeter. Quelle idée ! Brancher Lou sur la pochette de son premier album avec le Velvet Underground ! The Chap, pop loufoque. King Krule : bientôt roi d'Angleterre. "On n’est pas sérieux quand on a 17 ans”, disait Rimbaud.

King Krule : bientôt roi d'Angleterre

King Krule – Archy Marshall pour l’état civil – n’est pas tout à fait de ceux-là. S’il a mis ses parents en pétard cet été en emmenant sans leur dire sa petite copine au MIDI Festival de Hyères et avoue s’être fait virer de quelques établissements avant d’intégrer une prestigieuse école d’art londonienne, le jeune Anglais analyse posément sa plongée sans filet dans l’industrie de la musique lorsqu’il répondait encore au doux nom de Zoo Kid. “Je trouve que c’est une expérience très intéressante. La plupart des paroles de cet ep parlent de ça justement, cette impression étrange d’être jeté dans un immense océan.

Je suis sorti de l’école pour entrer sans aucune sécurité dans ce monde. Celles-ci, aussi frêles soient-elles, portent un poids de dix tonnes : l’emballement médiatique. La pop romantique et rêveuse de Maïa Vidal. L’Américaine Maïa Vidal aurait pu s’appeler Maïa l’abeille.

La pop romantique et rêveuse de Maïa Vidal

Elle n’a cessé de papillonner de contrée en contrée. Non satisfaite d’être née de parents franco-espagnol et germano-japonais, la demoiselle a ainsi posé ses valises aux Etats-Unis, à Barcelone, Paris et Montréal. On l’a entendue revisiter dans la douceur des bombinettes punk de Rancid sous le nom de Your Kid Sister. Sur ce premier album, elle se positionne en cousine d’Emilie Simon ou petite copine de Beirut, enchaînant d’adorables pop-songs fragiles et féminines (The Waltz of the Tick Tock of Times, Follow Me) que portent des arrangements complétés par Giuliano Gius Cobelli ou Marc Ribot. God Is My Bike : prendre ce vélo-là est une bonne résolution pour la planète. Smith & Burrows : Noël avant l'heure. Tranchantes Wild Flag. Ben Howard, au bord de la tempête. Le chemin pourrait être balisé.

Ben Howard, au bord de la tempête

Drake : album fleuve et sensuel. Wise Blood, la pop possédée. Daniel Darc, âme XXL. Los Campesinos : l'âge adulte. Melingo : sur un nerf de tango. A Paris, Daniel Melingo se sent chez lui.

Melingo : sur un nerf de tango

A peine débarqué d’un vol en provenance de Buenos Aires, il sirote tranquillement son maté dans un appartement du Xe arrondissement, dans un quartier qui lui va comme un gant. En bas de l’immeuble, des SDF ont installé leur literie de fortune, et sous le soleil pâlichon de fin novembre le boulevard ne semble plus vouloir charrier qu’un flot interminable de déchéance sociale. Amy (Winehouse) pour la vie. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

Amy (Winehouse) pour la vie

Mais la sobriété peut tuer. C’est la leçon tragi-comique que l’on peut tirer de la mort d’Amy Winehouse. Fin octobre, les enquêteurs ont rendu leurs conclusions : le 23 juillet, la chanteuse a succombé à une consommation excessive d’alcool alors qu’elle était en sevrage. C’était le passage de la comète Amy (1983- 2011). Elle a traversé le ciel en zigzag, du coup un peu plus bleu, puis est partie à 27 ans avant qu’on ait eu le temps de lui dire qu’on l’aimait, back to black pour l’éternité. Amy Winehouse était entrée dans l’inconscient collectif de la culture pop en 2007, avec ce refrain sale gosse et autobiographique de la chanson Rehab : “They tried to make me go to rehab/ I won’t go go go”.

Dear Reader : pop pour grands espaces. Composer : pop de l'espace. Summer Camp : retour vers le futur. Certains collectionnent les coffres à bijoux, d’autres les malles à double fond.

Summer Camp : retour vers le futur

Il semblerait bien que Jeremy Warmsley soit de ces derniers. Alors qu’on le connaissait depuis son plus jeune âge orfèvre de pop-songs aussi grandiloquentes que gracieuses, le Franco-Anglais de Londres se sépare de son costume d’arrangeur fou pour s’essayer à l’electro-pop. Accompagné de sa femme Elizabeth Sankey, dont on ne louera jamais assez le timbre flamboyant, il a donné vie à Summer Camp à travers une poignée de morceaux disséminés sur le net, où le duo mettait brillamment en musique sa nostalgie des eighties. Si Welcome to Condale porte encore en lui les quelques morceaux sucrés des débuts (Summer Camp, Ghost Train), il convoque aussi des claviers et beats plus froids (I Want You). Il saute allègrement dans les clichés de la pop Gameboy pour mieux se les approprier (1988, Better off without You).