Alimentation: la confiance des Français dans la sécurité sanitaire s'est dégradée (sondage. Les Français sont 40% à considérer que les produits alimentaires sont moins sûrs qu'il y a cinq ans, selon la deuxième vague de l’Observatoire des crises alimentaires, publiée jeudi par Palomar, agence de conseil en communication, et l’institut de sondage OpinionWay.
Ce résultat est en hausse de 14 points par rapport à la première vague de l'Observatoire réalisée en 2006. En outre, 62% des Français, soit 8 points de plus qu'en 2006, considèrent que les crises alimentaires sont plus fréquentes depuis 10 ans. «Comme lors de la première vague du baromètre, on constate que, pour les consommateurs, les marques ne constituent pas une garantie de sécurité (les produits de marque ne sont considérés les plus sûrs que par 12% des Français en 2006 et 11% en 2008)», ajoutent Palomar et OpinionWay. «On observe parallèlement que la confiance des consommateurs va davantage aux produits de fabrication artisanale (38%, +4 points) et aux produits portant des labels (43%, -4 points)», précisent-ils.
Les labels, assurance tous risques. Les labels rassurent les consommateurs.
Interrogés par Opinion Way pour le compte de l'agence de communication Palomar, spécialisée sur la gestion de crise, les Français sont nombreux à faire confiance aux produits labellisés (42 %) et de fabrication artisanale en matière de sécurité alimentaire (37 %). Par contre, le sondage est un camouflet pour les marques nationales (12 %) comme celles des distributeurs (5 %).
Pire, en situation de crise, une grosse moitié des Français ne fait pas confiance aux industriels et aux distributeurs pour délivrer une information fiable. « Nous sommes dans l'un des pays où la défiance à l'égard du capitalisme et du marché est la plus forte. La majorité des Français (70 %) place la course au profit comme principal facteur explicatif des crises. Il y a une méfiance à l'égard du process industriel et des entreprises, explique Hugues Cazenave, président d'Opinion Way. Soupçons sur l'alimentation. « Reprenez vos esprits. » « Le pessimisme excessif est très mauvais conseiller. » C'est Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, qui s'exprime.
Il adjure les milieux financiers à ne pas céder à la panique face à l'actuelle crise financière. Les formules pourraient s'appliquer, au mot près, à l'attitude nouvelle des Français face à leur alimentation et à sa dangerosité supposée. Grégoire Biasini, fondateur de l'agence de communication de crise Palomar, et Mathieu Doiret, directeur des études internes du sondeur en ligne Opinionway, n'en reviennent toujours pas. En 2006, ils avaient saisi l'occasion du Sial pour interroger les consommateurs sur les crises alimentaires. « Nous étions alors en pleine grippe aviaire, et nous constations une défiance forte vis-à-vis des marques, se souvient Grégoire Biasini.
La méfiance domine La part des consommateurs jugeant que les produits sont moins sûrs qu'il y a cinq ans progresse ainsi de 14 points. Des traces indélébiles.