Syrie
< géopolitique
< benhugo
Get flash to fully experience Pearltrees
« Des mafieux, nous ? » A l’autre bout du fil, Khaled s’énerve. « Des bandits ? Des drogués ? Des trafiquants ? C’est tout ce qu’a trouvé le régime de Bachar al-Assad comme arguments pour décrédibiliser notre mouvement démocratique », s’emporte cet étudiant de 18 ans que nous avons pu joindre par téléphone à Daraa, à 100 kilomètres au sud de Damas, où la répression a fait plus de 100 morts ces six derniers jours. « Nous ne sommes pas des voyous, ni des terroristes.
Depuis le 15 mars, les autorités syriennes ne parviennent plus à contenir le mouvement de colère parti de la ville de Daraa, dans le sud du pays. Ces six derniers jours, plus de 100 personnes ont été tuées lors d’affrontements avec la police. Selon un militant des droits de l’homme , cité par l’AFP, tous présentent des traces de balles.
Les Syriens peuvent, pour la première fois depuis 2007, avoir directement accès aux sites Facebook et YouTube sans devoir recourir à des programmes pour contourner la censure, ont constaté ce mercredi des internautes. Les autorités n'ont diffusé aucun communiqué pour annoncer cette mesure, mais un entrepreneur connu dans les secteurs des technologies et des médias, Abdelsalam Haykal , a indiqué que la demande de lever la censure "était parvenue aux fournisseurs du service internet". "Le processus pour lever l'interdiction prendra du temps et pourrait prendre des heures ou des jours, selon le fournisseur", a-t-il ajouté. Selon des analystes cités par Al-Watan , un journal proche du gouvernement, la levée de la censure de Facebook et YouTube démontrent "que l'Etat ne craint aucune menace provenant de ses sites ou d'autres". Mais ils ont noté que certains sites demeuraient bloqués, comme des blogs, la version arabe de Wikipedia , et un grand nombre de sites de médias arabes et étrangers.
Après la Tunisie, l'Egypte et la Libye, des protestations sans précédent secouent la Syrie, pays gouverné d'une main de fer depuis 40 ans par le régime baasiste où la moindre velléité démocratique est immédiatement réprimée. Si les premiers appels à manifester ont connu peu d'écho début février , l'engrenage protestation-répression semble s'être enclenché dans le sud du pays. Les troubles les plus sérieux se sont cantonnés jusqu'à présent à la ville de Deraa , en lisière de la frontière avec la Jordanie, où 15 personnes ont été tuées ce mercredi. Un régime verrouillé Le régime syrien, installé par Hafez el Assad, le père du chef de l'Etat actuel, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1970 repose sur la prééminence du parti Baas. Celui-ci, au pouvoir depuis bientôt un demi-siècle a perdu l'essentiel de l'idéologie originelle, le panarabisme et le socialisme.
Une centaine d’opposants blessés, quatre morts, plusieurs douzaines de manifestants arrêtés chaque jour... Pourquoi les grands médias boudent-ils la tentative de révolte des Syriens ? Vendredi, des milliers de personnes se sont rassemblées dans la ville de Deraa. Des manifestations ont aussi eu lieu à Homs et à Banias, sur la côte.