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Cinéma Français

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Les-Petits-Mouchoirs-nul-a-pleurer,12232. Juste avant le début de la projo des "Petits Mouchoirs", un homme lugubre se lance dans un discours sous l’oeil ébahi des journalistes comateux. « Bon, il se passe quelque chose de dramatique au début et à la fin du film, et ça, il ne faut ABSOLUMENT pas en parler à vos lecteurs. Il faut que le public ait la surprise, car on veut que le public vienne… » L’attaché de presse s’esquive, mais même le plus mongolien des scribouillards a compris que : 1) Ça va commencer (très) fort ; 2) Ça va se terminer (très) mal. Donc, un grand merci au Cassandre qui, en se faisant la voix de Guillaume Canet, nous a enlevé en quinze secondes chrono toute surprise.

Merci également de nous prendre pour des buses… Lelouch des années 2000 Pour rester dans le flou et faire plaisir à Canet, on peut simplement dire que les "Petits Mouchoirs" commence par un [1]. Censé être un film générationnel, "les Petits mouchoirs" est surtout un décalque honteux des "Copains d’abord" et du cinéma de Claude Sautet. Potiche-casse-toi-Ozon,12350. Chabrol-derniere-vague,11841. C’était quoi la Nouvelle vague ? Claude Chabrol : On ne s’en est pas trop aperçu au moment où cela se faisait… Notre truc était très simple : essayer de faire des films. Je suppose qu’il s’agit d’une génération de gens qui se sont retrouvés en 46-47 face à l’afflux des films américains, des films qui avaient été bloqués pendant quatre ans.

Cela nous a énormément frappé. A l’époque, nous jurions surtout par le cinéma américain et nous vomissions le cinéma français qui était - comment dire sans être trop méchant - un peu empesé. En 1952, nous nous sommes rencontrés, agglutinés. Peu à peu, nous sommes entrés aux Cahiers du cinéma. Les autres, extérieurs aux Cahiers, s’en sont rapprochés car nous faisions partie de la même famille, même si nous étions complètement différents les uns des autres. Nous aimions également les mêmes choses. . - Dans vos critiques, vous avez assassiné les cinéastes français de l’époque pour prendre le pouvoir ?

C. Parlez-nous de la politique de l’auteur ? C. C. C. Enter the Void. Au sein d’un cinéma français gangrené par des faiseurs cacochymes et des zauteurs prétentiards, Gaspar Noé fait figure de sale gosse, de rebelle surdoué, ricanant de ses mauvais coups du fond de la classe. Depuis ses débuts, Noé fait du cinéma comme on prépare un cocktail Molotov. Il goupille ses petits trucs dans son coin et balance ça sur les écrans : du sang, de la haine, des larmes, et surtout une puissance de feu extraordinaire. Mais attention, Noé n’est pas seulement un fan de gore provoc, c’est aussi et surtout un grand cinéaste, un immense formaliste, un obsessionnel qui signe des oeuvres impossibles à aimer et impossibles à oublier.

Fils de peintre, il éclabousse la toile – comme Jackson Pollock – d’hémoglobine et réalise inlassablement le même film : une dégringolade vertigineuse, qu’elle soit sociale ou familiale. Kick-Ass de Matthew Vaughn Greenberg de Noah Baumbach Le prototype même du film intello américain, prétentieux, chiant et insupportable. Interview Gaspar Noé. Navets César. T’as regardé les César ? D’un derrière distrait. Tu n’aimes pas les prix, les récompenses, les cérémonies, les belles robes ? Comparer, juger donner des bons points, cela m’a toujours semblé assez puéril. C’est pourtant ce que tu fais à longueur d’années ? Concours de bestiaux Touché ! Euuuuh… Et cette édition 2010, tu en as pensé quoi ? Pathétique, sur le fond et la forme. Tu n’es pas d’accord avec le palmarès. Je m’en fous du palmarès. Qu’un seul tienne et les autres suivront était nommé, quand même !

Du cinéma français Une cérémonie comme un conseil d’administration de Canal Tu as raison. Et la cérémonie ? Lemercier veut absolument faire voir qu’elle a maintenant de belles jambes, Gad écarquille les yeux et lance des vannes comme « Vous avez déjà vu un ours avec un sac Chanel ou Laura Smet en pleine forme ? Ca y est, tu vas baver sur Canal maintenant. J’avais l’impression d’assister à un conseil d’administration de la chaîne. Rohmer disparu et oublié Et les stars ? Pas vraiment. Alléluia ! Dans "Mammuth", un retraité enfourche sa moto pour collecter ses. White material, un beau film français, signé Claire Denis. Pas grand-chose à se mettre sous la rétine cette semaine. C’est la dernière ligne droite avant Cannes, bienvenue dans le désert cinématographique.

Pour les chefs-d’œuvre, tu peux maintenant attendre le 12 mai. En attendant, je te conseille deux films. Tout d’abord le sublime A Single Man. Le premier long-métrage de Tom Ford ? Ford est un metteur en scène, un créateur de forme qui fait vraiment du cinéma. Et l’autre film ? Le règne du polysensualisme C’est White Material bien sûr, le nouveau Claire Denis. Sur un scénario de Marie NDiaye ? C’est ça. Et l’histoire ? Un prétexte, une esquisse. Alors ? Tu te souviens de Trouble Every Day, avec la vampire Béatrice Dalle, ce magnifique conte rouge sang, où l’amour, dévorant, ronge comme une maladie, et où le désir sonne comme une effroyable menace ? Et Christophe Lambert fut bon Et les acteurs ?

Magnifiques. Et il y a Christophe Lambert. Tu imagines, le mec qui a tourné dans Vercingétorix, Fortress 28 ou Highlander 53 ! Manolete Le nanar de la semaine. La Vida Loca. Le vent souffle sur Saint-Denis. Des sacs plastiques déchirés volent sur les trottoirs, où gisent quelques poubelles renversées. Comme un lendemain de tempête. Nous sommes le dimanche 28 février. Les médias ne parlent que de ça. Il y aurait plus de 40 morts. Mais ce jour là, en hommage au reporter photographe et réalisateur de documentaires Christian Poveda, Thierry Grone et Rachid Santaki [1] projetaient La Vida Loca, à Saint-Denis (93). L’endroit est sinistre, les passants trop rares. Finalement, la salle est à deux pas du cimetière de Saint-Denis, dans une pièce réservée aux réunions et spectacles, qui ressemble à un self.

La Vida Loca (La Vie Folle), les spectateurs de Saint-Denis auraient peut-être aimé voir la leur. Little One, son copain et son fils – à droite, Christian Poveda © La Femme endormie Brève histoire des gangs La Vida Loca La première scène du documentaire de Christian Poveda, l’enterrement d’un garçon, est un leitmotiv du film. . © L’oeil de boeuf OverboOké. "Hors la loi" vu de Cannes. Ils sont peu nombreux sur les plus de 1000 manifestants à avoir réussi à s’approcher des marches du festival de Cannes avec l’important dispositif policier mis en place à l’occasion de la présentation du film Hors-la-loi en compétition officielle. Mais ceux qui étaient là juste avant et durant la montée de l’équipe du film se sont fait entendre ; même mieux ils ont carrément suscité le débat sur la croisette. Combats de rue improvisés, duels comme dans les meilleurs Western américains entre enfants de Harkis, français d’origine algérienne et anciens officiers de l’armée française de la guerre d’Algérie.

Plus on entendait « Algérie libre » scandée, plus les esprits s’échauffaient… Pas de cohue pour autant ! C’est le réalisateur du film Hors-la-loi, Rachid Bouchareb qui doit être mal-à-l’aise… Cela lui tenait « à coeur de donner une touche western » à son film… mais il ne voulait surtout pas qu’elle se retrouve sur la croisette… Acheter Bakchich Hebdo n°25 en ligne (CB ou PayPal)

Oliver Assayas signe un thriller radical et spectaculaire sur le. Rédac’ chef : ALLEZ L’OM ! Salut, c’est Xavier. Kritik : Oui, je suis désolé, j’suis un peu à la bourre, mais tu sais, euh… Rédac’ chef : …Pas de problème (il est de bonne humeur car Marseille est champion de France). Tu peux nous faire un papier sur Carlos, produit par Canal et sélectionné à Cannes ? Kritik : Allez l’OM… Un papier sur le film Carlos, produit par Canal+ ? Le jour de la projo, je découvre stupéfait que le film dure cinq heures ! Ici, Carlos, de son vrai nom Ilich Ramirez Sanchez, embrasse la cause marxiste et offre ses services au Front populaire de libération de la Palestine. Dessin d’Oliv’ A l’affiche dans les salles Infectés d’Alex et David Pastor Dans un futur proche, où malheureusement Roselyne Bachelot n’existe pas, la population humaine a été décimée par une terrible pandémie. Copie conforme d’Abbas Kiarostami Le grand retour à la fiction d’Abbas Kiarostami, le réalisateur iranien du "Goût de la cerise".

Marathon man de John Schlesinger « Is it safe, is it safe ? Film socialisme est un délire pas drôle, un objet insupportable. JLG est un mec qui a plein d’idées. Pour la distribution de son petit dernier, "Film socialisme", il aurait aimé essayer quelque chose : engager un couple et lui donner une copie DVD du film, mais seulement après lui avoir fait suivre une formation de… parachutiste ! Oui, oui, vous avez bien lu. « Ensuite on pointe au hasard des lieux sur une carte de France et on les parachute dans ces endroits, raconte JLG, 80 ans et toute sa raison, dans les Inrocks.

Ils doivent montrer le film là où ils atterrissent. Dans un café, un hôtel… ils se débrouillent. Projeté le 17 mai à Cannes dans la section Un certain regard, diffusé en vidéo à la demande, "Film socialisme" est sorti en salles et le public peut enfin contempler la chose sur grand écran. Comme l’idée de distribution en parachute, le film est juste un gros n’importe quoi. JLG l’imposteur commence avec une croisière en Méditerranée (oh, la belle métaphore sur l’Europe !) À JLG, qui a beaucoup donné au ciné, il sera (un peu) pardonné.

"Tournée", de Mathieu Amalric. Par une nuit triste, un homme fait son plein dans une station-service. Il est fiévreux, enchaîne les cigarettes. Derrière la vitre blindée de la caisse, une femme, ni jeune ni vieille. Un dialogue s’ébauche entre les deux solitudes. D’abord anodin, l’échange devient piquant, bourré de sous-entendus. La blonde le drague et l’homme répond du tac au tac. Des éclairs comme celui-là, il y en a quelques-uns, mais pas assez, dans le quatrième film de Mathieu Amalric. En filmant ces femmes qui se déshabillent, il se met à nu, avec ce qui est peut-être son film le plus autobiographique. Amalric n’évite pas les longueurs, les clichés, et nous barbe avec les sempiternelles affres des saltimbanques, personnalités ultrasensibles attirées par la lumière et les gouffres. Dessin d’Oliv’ Splice de Vincenzo Natali Réalisateur remarqué de Cube, Vincenzo Natali signe un film de SF sous l’influence de David Cronenberg.

La disparition d’Alice Creed de J. Une des grosses claques de l’été. D’après un scénario inédit de Jacques Tati, la nouvelle merveill. En 2003, Sylvain Chomet bricolait un bijou d’animation 2D à l’ancienne, les Triplettes de Belleville, une œuvre atypique, à l’humour fin et au graphisme baroque. C’était esthétiquement parfait, mais un poil désincarné. Sept ans plus tard, Chomet revient avec un nouveau dessin animé. Dans ses bagages, une arme de destruction massive, un scénario inédit de Jacques Tati. Écrit entre 1956 et 1959, l’Illusionniste devait être son quatrième film. Mais Tati, qui s’était gravement brûlé lors de la scène du feu d’artifice des Vacances de Monsieur Hulot, s’est rendu compte qu’il n’arriverait pas à effectuer les tours de prestidigitation de son personnage avec sa main devenue raide.

Près de cinquante ans plus tard, sa fille offre le scénario à Chomet, qui découvre l’histoire d’un vieux magicien du music-hall obligé de présenter ses tours dans des lieux improbables. L’Illusionniste est le film de toutes les métamorphoses. Les Moissons du ciel (reprise) de Terrence Malick Eyes of War de Danis Tanovic.