Les caisses noires des ventes d'armes
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Première partie : Comment la justice étouffe le dossier de la DCN ? Il faut toujours se méfier du fisc.
Jacques Chirac élu à l’Elysée, c’est le grand chambardement dans les principaux contrats d’armement des années 1990, les marchés « mammouths » comme disent les spécialistes.
Dans les locaux de DCN International (DCNI), chargé depuis 1991 de vendre les frégates, sous marins et autres corvettes, le personnel ne savait pas vraiment quelles pouvaient être les fonctions de Jean-Marie Boivin, arrivé en 1994 dans la maison. « Juriste ?
Frégates, Sawari, sous-marins : autant de pompes à fric Le premier grand marché sur lequel intervient la Direction des Constructions Navales au début des années 90 est le fameux contrat des frégates vendues à Taiwan.
La piste d’une vengeance des généraux pakistanais contre la France après l’arrêt du versement des commissions « est une fable » selon le juge qui avait débuté l’enquête sur l’attentat de Karachi, en 2002. Les commissions, et leurs destinataires , versées lors de la vente en 1994 de trois sous-marins au Pakistan n’ont pas intéressé que la justice, les médias et les barbouzes françaises. Selon les informations glanées par Bakchich , le ministère de la Défense pakistanais s’est, dès 1997, fendu d’une drôle de démarche . Saisir le ministère de la Justice française pour connaître les ayant-droit des commissions de ce marché de 826 millions d’euros. Une étrange demande d’entraide judiciaire puisqu’à l’époque aucune enquête de la justice pakistanaise ne portait sur ledit contrat. Mieux, la demande, émanant de généraux, avait « tout d’une demande de renseignement et ne ressemblait absolument pas à une commission rogatoire internationale » , décrit un magistrat en poste à l’époque des faits.
Le serpent de mer de l’affaire des Frégates de Taiwan a ressorti la tête lundi.
Seize ans après, la vente de sous-marins français au Pakistan n’en finit plus de montrer son périscope. Un vieux contrat de 840 millions d’euros , des commissions comme s’il en pleuvait (10 % du montant total au bas mot), des retro-commissions suspectées, l’équipe gouvernementale et de campagne d’ Edouard Balladur , son directeur de campagne et ministre du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy , soupçonnés. Et des révélations qui parsèment la presse depuis 2008.
Comme Bakchich le révélait le 25 juin dernier, la justice a ouvert à Paris un dossier concernant des enquêtes effectuées par une poignée de barbouzes pour le compte de l’ancienne Direction des constructions navales, devenue aujourd’hui DCNS .
Résident luxembourgeois et homme de l’ombre des commissions au sein de la Direction des Constructions Navales Jean-Marie Boivin est convoqué mercredi matin 16 juin par les juges Hullin et Desset qui enquêtent sur plusieurs affaires de corruption à la DCN.