Libération. Le pompier était-il un pyromane ? Très à l'aise dans son nouveau rôle de super-régulateur du capitalisme mondial, Nicolas Sarkozy a-t-il oublié qu'il préconisait hier ce qu'il pourfend aujourd'hui ? C'est l'accusation de l'opposition qui rappelle depuis plusieurs semaines que la président de la République avait proposé de réformer à plusieurs reprises le crédit hypothécaire en France. Le député Didier Migaud a rappelé que Sarkozy, dès 2004, proposait l'importation en France du crédit hypothécaire rechargeable, «un des produits reponsables de la crise aux USA». Dimanche dernier, c'est Ségolène Royal qui a dénoncé la proposition de Sarkozy de développer le crédit hypothécaire lors de la campagne présidentielle. D'aucuns (communiqués de la LCR et du PCF) y voient même une volonté de copier les «subprimes», ces crédits hypothécaires à risque qui ont en partie déclenché la crise financière mondiale.
Une rupture avec les règles prudentielles «Mauvais procès» Mais Sarkozy n'en reste pas là. Ségolène Royal. Marianne2. FlickR CC / laser2K Du même auteur Visionnaire, Nicolas Sarkozy l’est sans conteste : un an avant que n’implose le marché immobilier américain, le candidat UMP à l'élection présidentielle préconisait avec une fulgurante intuition dans son programme quelque chose qui ressemble étrangement à des subprime à la française : «Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement.» Passée inaperçue au printemps 2007, dans le feu de la campagne présidentielle française, cette formule de «crédit hypothécaire» avait peu de chance d'émerger l'été dernier au moment où l'économie américaine commençait à subir les désastreuses conséquences de ces [«prêts spécial pauvres»]i.
«Une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas en l’avenir !» , argumentait le candidat de l’UMP pour justifier sa proposition d’emprunt immobilier pour foyers modestes. Extrait du programme de Nicolas Sarkozy. Rue89. Le 14 septembre 2006, Nicolas Sarkozy, dans un discours de pré-campagne, semblait découvrir le crédit hypothécaire, affirmant qu’il permettait à 70% des Anglo-Saxons d’être propriétaires de leur logement, contre 56% des Français seulement.
Et il proposait de « changer les règles prudentielles des banques » pour que celles-ci accordent désormais plus largement des prêts gagés sur la seule valeur du bien acquis. (Voir la vidéo, diffusée par Le Post) Comme si cette pratique était inconnue des banques françaises ! Celles-ci étaient accusées de ne tenir compte que des capacités de remboursement des emprunteurs ; selon lui, seuls « ceux qui ont des relations » pouvaient bénéficier d’un prêt. On croit rêver !
L’hypothèque date au moins du droit romain ; elle était la troisième des suretés dites réelles avec l’aliénation fiduciaire et le gage. Il faut raison garder ! Tenir compte de la capacité de remboursement n’est pas seulement de bonne gestion pour la banque. Deconomics. De qui sont ces propos? "Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe.
Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'Étal intervienne pour garantir l'accès au crédit des personnes malades. Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Il faut réformer le crédit hypothécaire. Nicolas Sarkozy. Source(s)Interview Revue Banque (avril 2007) Interview dans la revue La Vie Immobilière (octobre 2006)Site UMP Plus sérieusement, on lira avec beaucoup plus de profit les contributions suivantes: -Mike Whitney : à quand les soupes populaires ? « Les booms du crédit ne se terminent pas en inflation comme la plupart le croient.