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L'historien et les mémoires de la guerre d'Algérie

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La Guerre d’Algérie vue par les Algériens - Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie. Pour mener à bien ce second volume donnant le point de vue des Algériens, Benjamin Stora s’est associé au journaliste féru d’histoire, Renaud de Rochebrune.

La Guerre d’Algérie vue par les Algériens - Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie

Mémoires et Histoire de la Guerre d'Algérie : point d'historiographie - Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie. Enjeu renouvelé des présidentielles en 2017 pour séduire un fond de « nostalgériques » estimé à environ deux millions d’électeurs (1re,2e et 3e générations de pieds-noirs et descendants, y compris de harkis), la guerre d’Algérie refait surface.

Mémoires et Histoire de la Guerre d'Algérie : point d'historiographie - Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie

En remontent les relents nauséabonds de mémoires blessées qui s’ostracisent l’une l’autre. D’où la faible audience des historiens et la reconduction, comme pendant le conflit, note Benjamin Stora [3], d’extrêmes identitaires ressassés de génération en génération. C’est-à-dire entre les nostalgiques de l’Algérie française qui considèrent que l’islam est inassimilable en métropole, et les partisans de l’indépendance algérienne qui arborent drapeaux algériens et islam communautariste en éléments de défi.

S’ajoutent l’ignorance volontaire des politiques [4] et de l’opinion qui n’a toujours pas admis l’héritage de la décolonisation dans « le roman national ». Comme le note Mona Ozouf « La France est un étrange pays où la mémoire divise ». Guy Pervillé. "C’était l’Algérie" (2012) mardi 1er avril 2014 par Guy Pervillé " Le silence jusqu’en 1997 " (2012) dimanche 30 mars 2014 par Guy Pervillé " Pieds-noirs : la valise ou le cercueil " (2004) vendredi 23 novembre 2007 par Guy Pervillé " Une négociation différente des autres processus de décolonisation " (2009) jeudi 19 mars 2009 par Guy Pervillé "Algérie, la guerre sans nom", dossier publié dans Le Figaro-Histoire n° 17, décembre 2014-janvier 2015 (2014) jeudi 27 novembre 2014 par Guy Pervillé "Mouvement ouvrier, communisme et nationalisme dans le monde arabe", dossier coordonné par René Gallissot (1980) vendredi 9 mai 2008 par Guy Pervillé.

Guy Pervillé

La guerre d’Algérie a commencé à Sétif le 8 mai 1945, par Mohammed Harbi (Le Monde diplomatique, mai 2005) Désignés par euphémisme sous l’appellation d’« événements » ou de « troubles du Nord constantinois », les massacres du 8 mai 1945 dans les régions de Sétif et de Guelma sont considérés rétrospectivement comme le début de la guerre algérienne d’indépendance.

La guerre d’Algérie a commencé à Sétif le 8 mai 1945, par Mohammed Harbi (Le Monde diplomatique, mai 2005)

Cet épisode appartient aux lignes de clivage liées à la conquête coloniale. La vie politique de l’Algérie, plus distincte de celle de la France au fur et à mesure que s’affirme un mouvement national, a été dominée par les déchirements résultant de cette situation. Chaque fois que Paris s’est trouvé engagé dans une guerre, en 1871, en 1914 et en 1940, l’espoir de mettre à profit la conjoncture pour réformer le système colonial ou libérer l’Algérie s’est emparé des militants. Si, en 1871 en Kabylie et dans l’Est algérien et en 1916 dans les Aurès, l’insurrection était au programme, il n’en allait pas de même en mai 1945. Cette idée a sans doute agité les esprits, mais aucune preuve n’a pu en être avancée, malgré certaines allégations.

19 mars 1962 : une fin de la guerre qui n’en finit pas. Plus d’un demi-siècle après, opposants et partisans d’une célébration du 19 mars comme « fin de la guerre d’Algérie » continuent de s’affronter suscitant chez tous ceux qui n’ont pas connue cette guerre indifférence ou incompréhension attendant que le combat cesse faute d’anciens combattants.

19 mars 1962 : une fin de la guerre qui n’en finit pas

Pourtant, il s’agit bien plus que d’une querelle sémantique entre d’un côté les adhérents de la Fnaca, association d’anciens combattants d’Algérie, à l’origine d’obédience communiste, et de l’autre côté les associations de rapatriés et d’anciens Harkis. Il s’agit en fait d’une opposition entre vision politique et réalité historique, les uns voulant tourner la page d’un passé colonial culpabilisant, les autres refusant de célébrer un cessez-le-feu qui ne cessa que dans un camp.

Les faits leur donnent hélas raison si on veut bien les regarder objectivement. Guerre d'Algérie : quand les témoins se livrent, en BD. Il aura fallu plus de 50 ans… Plus de 50 ans avant que la BD, qui permet pourtant de rendre accessible des sujets parfois douloureux, tout en donnant à voir au lecteur, ne devienne un vecteur de témoignages, sur la Guerre d'Algérie.

Guerre d'Algérie : quand les témoins se livrent, en BD

Bien sûr, le neuvième art s'était déjà penché sur le sujet, avec notamment la longue fresque historique «Carnets d'Orient» débutée par Jacques Ferrandez dans les années 1980, «Azrayen», le roman graphique de Franck Giroud, à la fin des années 1990, ou plus récemment «les Pieds noirs à la mer» de Fred Neidhardt (2013). Mais pendant des années, les auteurs font le choix de la fiction. Guerre d'Algérie, 50 ans aprèsRenversement de situation ces derniers mois : cinq maisons d'édition - des géants du secteur, comme Delcourt ou Casterman, mais également de plus petites maison, comme Steinkis ou La Boîte à bulles - ont choisi de donner la parole aux témoins du conflit: soldats, héros nationaux ou pieds-noirs.

Les soldats français, premiers témoins de la guerre A lire.