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Deux mères = un père ? LE MONDE | • Mis à jour le | Par Sylviane Agacinski Rien n'illustre mieux la coriacité de la dissymétrie des sexes que la confrontation de chacun avec la question de la procréation.

Deux mères = un père ?

Comme tout le monde, les homosexuels rencontrent cette question et, jusqu'à présent, ils n'avaient pas d'autre possibilité que de se tourner vers une personne de l'autre sexe. Ce qui a changé, au point de faire émerger la notion d'homoparentalité, c'est la possibilité, au moins apparente, de se passer de l'autre sexe pour "avoir" des enfants, comme on l'entend dire si souvent à la radio : telle actrice célèbre "a eu des enfants avec sa compagne". On en oublierait presque ce que cette merveilleuse performance doit aux techniques biomédicales et au donneur de sperme anonyme mis à contribution en Belgique ou en Californie. Non pas qu'il aura souffert dans son enfance, mais parce que, en tant que personne lui-même, il voudra savoir de quelles personnes il est issu et quelle est son histoire humaine.

Sylviane Agacinski. Contre la gestation pour autrui Faut-il légaliser la gestation pour autrui ?

Sylviane Agacinski

A cette question, la philosophe Sylviane Agacinski répond catégoriquement non. Et elle le dit haut et fort dans un essai percutant : « Corps en miettes » (éd. Flammarion). Entretien lumineux. > Retrouvez notre dossier "Mères porteuses : la polémique". Jusqu’ici, Sylviane Agacinski avait beaucoup réfléchi aux rapports entre les sexes (1) . (1) « Politique des sexes » (éd. Enfants et parents "en miettes" Enfants et parents "en miettes" ELLE. SYLVIANE AGACINSKI. "La pire insulte faite aux femmes" "La pire insulte faite aux femmes" ELLE. S.A. "Un nouvel usage des femmes" "Un nouvel usage des femmes" ELLE.

Le corps humain est-il disponible pour le marché? par Sylviane Agacinski. Je vois dans Libération du 18 février que la position de Terra Nova est présentée sans nuance comme globalement favorable à la "gestation pour autrui" et évidemment "progressiste". Ayant lu le résumé du rapport sur "l'accès à la parenté", je vous livre quelques éléments à inscrire au débat. La parenté n'est pas un état mais une relation, un lien juridique établi à partir de la naissance d'un enfant. Elle est une liberté qu'on ne peut empêcher, non un droit qui donnerait lieu à une créance. Il n'y a ni droit à "être parent" ni droit à l'enfant.

On se sert aujourd'hui de la notion de "parents d'intention" pour fonder un droit à l'enfant et donc, si nécessaire, l'usage d'une "mère porteuse". La parenté est faite de devoirs qui résultent de l'établissement de la filiation d'un enfant. Les limites éthiques de la procréation assistée reposent avant tout sur le droit de l'enfant, non sur un droit à l'enfant: