Le caricaturiste tunisien _Z_ : « Rien n’a vraiment changé » _Z_ avec son masque lors d’un débat à Paris, en février 2012 (Pierre Haski/Rue89) Le caricaturiste tunisien anonyme _Z_ s’exprime depuis 2007 au moyen de son blog DebaTunisie.com. Ses dessins, qui déplaisaient à l’autocrate déchu Zine el-Abidine Ben Ali, ne font pas plus le bonheur des islamistes de Tunisie. _Z_ dit qu’il n’y a que deux lignes rouges qu’il ne traverse jamais : « La diffamation et le racisme. » Pour lui, la religion ne devrait pas être un tabou, ce que des internautes ont trouvé provocateur : ils ont dénoncé sa page Facebook à propos de caricatures qu’ils estimaient insultantes pour l’islam. Le 7 août, _Z_ écrivait : « En réponse à leurs protestations les robots de Zuckerberg m’interdisent durant 30 jours de publier sur mon profil. [...]
Global Voices, partenaire de Rue89, s’est entretenu avec _Z_ par courriel, à propos de ces dessins, de l’anonymat, de la religion et de la liberté d’expression en Tunisie. _Z_ : J’ai lancé mon blog le 28 août 2007. Diffusion de « Persepolis » en Tunisie : amende pour « atteinte au sacré » Le patron de la chaîne Nessma jugé pour « atteinte au sacré » après la diffusion l’an dernier du film franco-iranien « Persepolis » a été condamné ce jeudi par un tribunal tunisien au paiement d’une amende de 2 400 dinars (1 200 euros).
Un jugement qui intervient alors que la situation des journalistes ne s’est guère améliorée dans la Tunisie post-Ben Ali. La représentation d’Allah dans « Persepolis » (De Tunis) « Libres jusqu’à quand ? » Le slogan de Reporters sans frontières, qui a ouvert un bureau à Tunis en octobre 2011, s’avère plus que jamais d’actualité. Selon leur syndicat national (SNJT), on dénombre une agression par semaine. « Il y a eu une tentative de musellement systématique des journalistes par tous les gouvernements qui se sont succédé depuis la révolution », déplore sa présidente Najiba Hamrouni.
Constat amer alors que l’Unesco célèbre ce jeudi la Journée mondiale de la liberté de presse en Tunisie, posant ce droit comme condition essentielle du développement. Liberté de la presse : Ennahdha dans les pas du RCD de Ben Ali | Tunisie libre. Des journalistes manifestent à la Kasbah contre les nominations dans le service public, le 9 janvier 2012 (Thierry Brésillon) Ennahdha vient de perdre une belle occasion de démontrer son respect de l’indépendance des médias. Samedi soir, une dépêche annonçait que le Premier ministre Hamadi Jbali avait nommé, sans aucune concertation préalable, les nouveaux directeurs des médias publics : agence de presse TAP, Tunis-Afrique-Presse : Mohamed Taïeb Youssefi ; Snipe – Société nouvelle d’impression, de presse et d’édition –, les quotidiens La Presse et Essahafa : Mohamed Néjib Ouerghi ; Télévision tunisienne : Adnane Kheder ; Télévision Tunisienne 1 : Sadok Bouabbène ; Télévision Tunisienne 2 : Imène Bahroun.
Les rédacteurs en chef des deux quotidiens publics : La Presse : Faouzia Mezzi et Mongi Gharbi ; Essahafa : Néji Abbassi. Le directeur de l’information de la Télévision tunisienne : Saïd Khezami. « Un oukaze politique » « Des agents de la propagande de Ben Ali » Ridha Kéfi commente : Emeutes en Tunisie : pouvoir et activistes en pleine cyberguerre.
L’affiche de la campagne de piratage « Opération : Tunisia » Les censeurs du ministère de l’intérieur, surnommés « Ammar » par les internautes, s’attaquent aux comptes Internet de militants tunisiens dans le contexte des troubles sociaux que connait le pays. Lundi, des cyber-activistes tunisiens ont annoncé que le gouvernement avait piraté leurs comptes e-mails, leurs blogs et leurs profils sur les réseaux sociaux afin de les supprimer. Il semble s’agir de représailles après une autre cyber-attaque, celle du groupe de hackers Anonymous, qui ont piraté des sites et portails internet clé du gouvernement tunisien. Le piratage de comptes n’a rien de nouveau en Tunisie, ses dissidents politiques connaissent bien ce moyen de pression. Le pays est connu comme un état policier, ennemi d’Internet et très répressif envers ses médias.
Les sites de Ben Ali, du Premier ministre et de la Bourse attaqués « Opération : Tunisia » pour forcer Tunis à « libérer le Net » « Le temps de la vérité est arrivé. Emeutes enTunisie : une télé ouvre une brèche dans la censure. Aïe aïe aïe ! On dirait que le lien sur lequel vous avez cliqué n’était pas très frais. Ou bien nous avons déménagé une de nos pages un peu brutalement.
Ou alors Pierre Haski a encore cassé un truc en voulant réparer le site avec son marteau. Mais maintenant que vous êtes là, profitez-en pour faire un tour sur notre page d’accueil ou bien sur l’un de nos sites thématiques (Rue69, Rue89 Culture, Rue89 Sport).