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Par HERVÉ MARCHON (montage vidéo), YANN PHILIPPIN (texte) La loi réformant le système de santé suite au scandale du Mediator, dont l'examen en seconde lecture a repris mardi soir à l'assemblée, prévoit que les labos seront obligés de déclarer les rémunérations qu'ils versent aux médecins. Ce ne sera pas du luxe, vu la vision décomplexée des conflits d'intérêt qui s'exprime encore au sein de certaines firmes pharmaceutiques.
Par YANN PHILIPPIN L’étau se resserre sur le laboratoire Servier. Hier, son patron, Jacques Servier, 88 ans, a été entendu par les juges parisiens en charge de l’instruction sur le Mediator. Avec cinq sociétés du groupe, il a été mis en examen pour «tromperie» et «escroquerie» et placé sous contrôle judiciaire avec versement de fortes cautions et autres «sûretés» : 65 millions d’euros pour les personnes morales et 10 millions pour Jacques Servier.
Pour avoir posté deux articles mettant en doute l’efficacité des granules homéopathiques censées soigner la grippe et les avoir illustrés avec le tube d’Oscillococcinum des laboratoires Boiron, Samuele Riva, blogueur italien de 28 ans , s’est vu menacé de poursuites par l’entreprise française. Dans un courrier adressé au fournisseur d’accès internet du blogueur datant du 28 juin, Silvia Nencioni, directrice de Boiron Italie, exige le retrait des articles « calomnieux » : « La publication sur Internet de tels messages, faux et diffamatoires sur l’homéopathie et nos recherches médicales ternissent sérieusement la réputation de notre entreprise [...].
La cour d’appel de Rennes a annulé mardi la censure du titre du livre du docteur Irène Frachon sur le Mediator, « Mediator 150 mg », estimant qu’il n’y avait « pas lieu » de supprimer la mention « combien de morts? » du titre de l’ouvrage. « Il ne devait pas y avoir lieu à la suppression » de cette mention dans le titre du livre, estime la cour d’appel de Rennes dans sa décision. La cour condamne également le laboratoire Servier, le fabricant du Mediator, qui avait saisi la justice, à payer la somme de 3.000 euros à l’éditeur du livre, « éditions-dialogues.fr ».
Le médicament anti-diabète Mediator du laboratoire Servier , également utilisé comme coupe-faim, aurait provoqué depuis 1975 la mort de plus de 500 personnes en France, des suites d’atteintes cardiaques graves.
Dans la bataille qui oppose le puissant laboratoire Servier à la toute jeune maison d’édition Dilogues.fr qui a publié début juin Meditor 150 mg, Combien de morts ? - un livre-témoignage d’une pneumologue contre cet antidiabétique fréquemment utilisé comme coupe-faim - le premier a incontestablement remporté une victoire.