Indépendance du parquet
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Il est dommage que la nuit du 4 août soit déjà passée, elle fut douce. On aurait pu en profiter pour fêter le rétablissement des privilèges, par exemple l’instauration d’une justice privée. Pour ceux qui dirigent et possèdent, inutile de se rendre au tribunal, face à des hommes en noir. Aujourd’hui, le plaideur VIP marchande de gré à gré sa justice ajustée. Et c’est Jacques Chirac qui achète un verdict à venir.
Isabelle Prévost-Desprez ne pousse-t-elle pas le bouchon un peu trop loin en se présentant, dans son livre publié en mai dernier, comme Une juge à abattre [ 1 ] ? Cette grande femme blonde de 51 ans raconte que Philippe Courroye, le procureur de Nanterre , l’a carrément « placée sous surveillance ». Lors des audiences qu’elle préside, un membre du parquet vient presque systématiquement s’installer dans la salle « sans autre motif apparent que de venir m’écouter ». Les deux visages de la justice © Pakman Et la première fois que le dossier Bettencourt passe au tribunal , « nous avions été surpris de constater que, prenant prétexte de questions de sécurité, le parquet avait fait bloquer les portes de la 15e chambre par la police », raconte-t-elle.
Cité dans les enregistrements et proche du Président, le procureur de Nanterre refuse de se dessaisir de l’affaire. « Vous croyez que ce serait indépendant de dire “ce serait bien qu’on change de juge”, qu’on en mette un autre ? Ce n’est pas ma conception de l’indépendance de la justice. » Quelques mots ont suffi à Nicolas Sarkozy pour balayer la polémique, lundi soir sur France 2, autour de Philippe Courroye, le procureur de la République de Nanterre en charge de l’affaire Bettencourt-Woerth. Et d’ajouter : « Il est renommé de par son travail au pôle anticorruption.