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Hongrie

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Pas si facile de brûler le drapeau européen à Budapest. Mais qu'attend l'Europe pour « isoler » la Hongrie ? | Chez Jean Matouk. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et la chancelière allemande Angela Merkel, à Berlin, le 5 mai 2011 (Fabrizio Bensch/Reuters) Depuis des années, on impose aux candidats à l’entrée dans l’Union européenne une adhésion stricte à des valeurs et des institutions démocratiques. La Croatie vient encore d’avoir à « passer l’examen ». La Turquie va finir, si ce n’est déjà fait, par être dégoûtée des exigences européennes, qui ont visiblement plus pour but de l’empêcher d’être admise que de la faire évoluer. Nicolas Sarkozy la prend, depuis 2004 comme « punching-ball » électoral. Et voici qu’un Etat, entré en 2004, est en train de rétropédaler à grande vitesse dans le domaine démocratique, sans réaction aucune de l’Union... Une histoire fascisante Un régime pour le moins « autoritaire » Nous n’en sommes évidemment pas là.

Ce n’est ni du nazisme, ni du fascisme, au sens historique, mais ça en a l’arrière-goût. Bruxelles aux abonnés absents Un Munich rampant. La démocratie hongroise en danger. La Hongrie innove en matière de limitation de la liberté de la presse. Annamária Szalai, en charge des médias et proche du nouveau Premier ministre Viktor Orbán, s'occupe de museler les journalistes. En la regardant, on la situerait quelque part entre Catherine II de Russie et Michèle Alliot-Marie.

Un visage carré et des grands airs de tsarine. Annamária Szalai, dont le nom sonne comme celui d’une danseuse de flamenco andalouse, bat du talon plus à l’est, en Hongrie. En nouvelle Walkyrie des médias magyars, pour au moins neuf ans. Une loi controversée, votée au début de décembre, la fait voler au-dessus des eaux du Danube.

Annamária Szalai Dessin de Magnat Par quel miracle du Saint-Esprit ? Censure, enquêtes, amendes La sangsue des médias prend vite goût à la censure. Ex-patronne d’un magazine de charme Mais, avant de porter l’habit de police des mœurs, Miss Szalai se révéla plus polissonne. Une loi hongroise prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 730.000 euros pour des chaînes de radio-télévision en cas "d’atteinte à l’intérêt public, l’ordre public et la morale", ou encore des "informations (…)