Un officiel chinois se suicide de onze coups de couteau. La famille du défunt accuse les officiels lors d’une conférence de presse (ChinaSmack). (De Pékin) Le week-end dernier, dans la province chinoise du Hubei, un fonctionnaire de la brigade anticorruption est retrouvé mort dans son bureau. Les autorités affirment qu’il s’est suicidé... de onze coups de couteau. Les internautes chinois doutent.
Un cadavre criblé de coups de couteaux, une odeur de corruption et des soupçons de dissimulation : tous les ingrédients sont réunis pour un bon polar. Xie Yexin Tout a commencé samedi 27 août, avec la découverte dans son bureau vers 18h40 du corps couvert de sang de Xie Yexin, blessé en onze endroits à l’arme blanche. La scène se passe au comité de discipline du comté de Gong’an, dans le Hubei. Un mois auparavant, il avait été démis de ses responsabilités dans une enquête pour corruption concernant le secrétaire adjoint du parti de Gong’an.
Selon les résultats de l’autopsie, M. . « Nous pensons qu’il s’est suicidé. Un suicide hors du commun. Un prof chinois : "Les étudiantes en France reviennent délurées" Des danseuses de French Cancan devant le Moulin Rouge à Paris, le 16 mars 2011 (Jacky Naegelen/Reuters). Les étudiantes chinoises en France perdent tout sens de la morale et reviennent en Chine délurées : c’est le point de vue exprimé en cours par un professeur d’un institut de droit dépendant du ministère de la Justice à Pékin, mettant le feu au web chinois, et suscitant des réactions scandalisées. L’affaire a même été relayée par le Global Times, un quotidien anglophone édité par le Parti communiste chinois, et qui exprime généralement un point de vue ultranationaliste. Zhang Haixa, ce jeune maître auxiliaire, ne savait sans doute pas qu’il était filmé lorsqu’il a tenu ces propos scandaleux.
Il s’est retrouvé sur les réseaux sociaux chinois, relayé par plusieurs autres professeurs qui ont dénoncé sa sortie. Le jeune enseignant a utilisé une comparaison historique que tous les Chinois connaissent : « Toutes les étudiantes chinoises rentrées de France sont pourries jusqu’à la moelle. Shanghai, premier de la classe. La Chine repousse ses frontières dans l'indifférence générale. La Chine sort de ses frontières. Au sens figuré. La presse déborde d’articles sur l’expansion économique chinoise, sa montée en puissance fulgurante, la multiplication des acquisitions partout dans le monde par ses fonds souverains ou grands groupes dans le pétrole, les ressources naturelles, l’immobilier, le secteur financier, jusqu’aux installations portuaires avec le Port du Pirée… Au sens propre aussi.
La Chine a faim de territoires, soif de repousser les limites de ses frontières, de déplacer toujours un peu plus loin la Muraille de Chine. Quand Mao annonçait une facture territoriale salée Statu quo, certes. Un grignotage territorial lent mais précieux Zones contestées à la frontière sino-soviétique en 1969 (cc wikimedia commons) Du même auteur Grignotage territorial en Asie centrale, politique de migrations en Asie du sud-est, soft-power ailleurs, l’addition arrive doucement. Négocier des frontières pour mieux les surveiller. Derrière l'espionnage de Renault, le bluff technologique chinois. (Le président Hu Jintao et son épouse reçus à l'Elysée - Dailymotion - elysee - cc) Avant même d’être annoncée, la suspicion d’espionnage dans le cas emblématique de Renault pesait sur la Chine. Au-delà de l’affaire elle-même, tout en effet contribue à faire de la République Populaire de Chine l’une des toutes premières « puissances d’informations » du monde.
En dépit des discours triomphalistes qui alimentent la légitimité du parti, la Chine demeure en effet un pays en développement où la pauvreté le dispute à un système politique peu favorable à l’innovation et à la recherche fondamentale. Deuxième puissance économique mondiale, grâce à une croissance fondée sur des exportations massives et une frénésie de construction à la rationalité discutée, la Chine demeure essentiellement, après 30 ans de réformes économiques, l’atelier du monde, et ses « industries de pointe » le fait d’entreprises étrangères délocalisées. (Statue de Sun Zi - Flickr - kanegen - cc) Du même auteur. Pourquoi la Chine veut-elle racheter l'Europe ? Nobel, ceux qui y vont et ceux qui sèchent. Vingt pays, parmi lesquels la Russie, la Chine et l’Iran, ont décliné l’invitation de l’Institut Nobel à assister vendredi à la cérémonie en l’honneur du dissident chinois Liu Xiaobo, lauréat du prix Nobel de la paix, et que Pékin a appelé à boycotter.
Malgré les pressions chinoises, certains Etats seront présents avec un niveau de participation élevé, à l’instar des Etats-Unis représentés par la présidente sortante de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, invitée par l’Institut Nobel à la demande de dissidents chinois proches du lauréat. En 2008, une édition Nobel largement consensuelle avec le médiateur finlandais Martti Ahtisaari, dix pays étaient absents. Les absents Vingt pays ont décliné l’invitation: l’Afghanistan, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, la Chine, la Colombie, Cuba, l’Egypte, l’Irak, l’Iran, le Kazakhstan, le Maroc, le Pakistan, la Russie, la Serbie, le Sri Lanka, le Soudan, la Tunisie, le Venezuela et le Vietnam.
Les présents (Source AFP) Ces amis de Pékin qui boycottent le Nobel de Liu Xiaobo. Il y avait 20 chaises vides à la remise du Nobel à Oslo vendredi : celle du dissident emprisonné Liu Xiaobo, de la Chine et ses alliés. Il y avait vingt chaises vides, vendredi à Oslo, pour la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo. Celle du lauréat lui-même, qui croupit dans une cellule chinoise, condamné à une lourde peine pour avoir rédigé un appel à la démocratisation de la Chine. Mais aussi celles de la Chine et de dix-huit autres pays qui ont décidé de boycotter la cérémonie pour plaire -ou ne pas déplaire- à Pékin. Au cours de la cérémonie à Oslo, l’actrice norvégienne Liv Ullmann a lu le texte de la plaidoirie de Liu Xiaobo à son procès, un texte émouvant et très politique [que les lecteurs de Rue89 avaient pu lire en français lorsqu’il a été connu].
Avec cette phrase étonnante d’un homme qui s’apprête à être condamné à onze ans de prison : « je n’ai pas d’ennemis, je n’ai pas de haine ». Un désastre de relations publiques Le grand écart chinois. Le Premier ministre chinois censuré en Chine. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao est-il entré en dissidence? Ses surprenantes déclarations faites dimanche dans une interview accordée à CNN pourraient le donner à penser. Il appelle ouvertement à la liberté de parole, à l'abandon du rôle dirigeant du parti et, à demi-mots, au multipartisme. Conséquence de ce qui apparaît être une audace inédite, les propos du Premier ministre sont totalement censurés en Chine. Aucun journal ni forum officiel n'en a fait état depuis dimanche.
Par contre, sur les rares forums Internet échappant à la censure, on ne parle que de ça. «Si le premier ministre parvient réellement à pousser les réformes politiques, il deviendra le premier grand homme du nouveau siècle», dit un internaute. Le Premier ministre chinois s'est distingué cet été en appelant à des «réformes politiques» - sans toutefois en définir le contenu. «Le besoin de démocratie du peuple chinois est irrésistible» «J'ai profondément réfléchi à la question, lui répond sereinement Wen.
Pékin ne veut pas d’un Nobel de la paix chinois. Blogs et châtiments. Auparavant complaisant, Google refuse la censure du Web chinois. La grande muraille du Web commencerait-elle à s’effriter ? David Drummond, responsable juridique de Google, a annoncé mardi sur le blog de l’entreprise que le moteur de recherche cesserait de censurer les résultats sur sa version chinoise, après avoir été victime d’attaques informatiques massives venant de Chine. Un changement radical de politique pour l’entreprise californienne. Une vingtaine d’autres entreprises - évoluant dans des secteurs aussi variés que les nouvelles technologies, les médias ou la chimie - auraient fait l’objet d’attaques similaires, des attaques qualifiées de « sophistiquées » et « ciblées » par Google : « Nous avons des preuves suggérant que l’objectif premier des assaillants était d’accéder aux comptes Gmail de militants chinois pour les droits de l’homme. » Il affirme toutefois que l’opération a échoué : Nous sommes conscients que cela peut signifier la fermeture de Google.cn, et potentiellement celle de nos bureaux en Chine. »
Chine: Google refuse de vendre son me. Bramus! - Flickr - CC Du même auteur Google est engagé, à l’heure actuelle, dans un bras de fer avec le régime chinois qui mérite le soutien de toute la communauté des internautes. Le régime chinois a tenté, via des attaques informatiques importantes sur les serveurs de Google, de récupérer les boites mail de militants des droits de l’homme en Chine. La réaction ne s’est pas faite attendre : Google a immédiatement mis fin à toute forme de censure sur son moteur de recherche google.cn et envisage purement et simplement de se retirer du marché chinois.Ce n’est pas si fréquent qu’une très grosse entreprise fasse passer la protection des libertés individuelles et des droits avant de très gros intérêts commerciaux (il faut songer à la taille du marché chinois !).
Retrouvez les articles de l'Hérétique sur son blog. Bras de fer Google-Chine : vers un Internet chinois "harmonis " Photo : le siège de Google à Pékin (Jason Lee/Reuters) Un tweet chinois résume le bras de fer entre Google et la Chine : « Ce n’est pas Google qui se retire de Chine, c’est la Chine qui se retire du monde. » C’est en effet la conception étatique d’un vaste intranet chinois avec des accès filtrés au monde qui est en train de s’imposer et de prendre corps. Un autre internaute chinois relève que les trois plus gros sites au monde, Google, Facebook et YouTube, sont bloqués ou sérieusement filtrés en Chine, alors que prospèrent des équivalents chinois beaucoup plus sensibles, évidemment, aux pressions et aux ordre d’un pouvoir autoritaire bien décidé à gagner la bataille d’internet.
La réaction de Google, annoncée mercredi, est un retournement spectaculaire de situation. Jusqu’ici, Google, redoutant par-dessus tout de se voir écarter du plus grand marché des télécoms au monde -370 millions d’internautes, 650 millions de téléphones portables...-, avait avalé de très nombreuses couleuvres. Volte-face de Google en Chine. Google : P kin s'en moque et pas qu'un peu. «Procès grand-guignol» d'un Tibétain en Chine. Il ne fait pas bon être Tibétain en Chine. Karma Samdrup, un homme d'affaires tibétain, collectionneur d'art et défenseur de l'environnement, a été torturé en détention et condamné jeudi à 15 ans de prison, ostensiblement pour avoir acheté un objet d'art pillé dans une tombe. «Un prétexte. Ils ont ressorti une vieille affaire classée en 1998 pour le condamner», explique Nicholas Bequelin de l'ONG Human rights watch. Samdrup est l'une des personnalités tibétaines les plus en vue de Chine.
Il fut nommé «philanthrope de l'année» par la chaîne officielle CCTV en 2006. «Samdrup fait partie de ces Tibétains modèles qui parlent chinois, ne se mêlent pas de politique, et que le pouvoir laissait tranquille jusqu'alors». Mais le climat répressif est tel au Tibet, que même cette élite pro-chinoise «est devenue vulnérable». Samdrup n'a pas non plus échappé à la torture. Son épouse, présente à l'audience, l'a trouvé «méconnaissable». Il n'a pas cédé. Philippe GRANGEREAU De notre correspondant à Pékin.