Anonymat sur internet

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Camouflage flashy. La reconnaissance faciale s’insinue dans notre quotidien, équipant les caméras de surveillance, les écrans de publicité dynamique, les iPhone, mais aussi Facebook, Flickr et Google+.

Camouflage flashy

Pour échapper à l’œil insidieux des machines, suivez les conseils de DIS Magazine , qui a ouvert ses pages au projet « CV Dazzle » d’Adam Harvey : un camouflage censé vous protéger de la vision informatique à peu de frais, à l’aide d’un maquillage et d’une coupe de cheveux adéquats. Le projet s’inspire d’une technique de camouflage ( dazzle , éblouir) de la Première Guerre mondiale : au lieu de se fondre dans le paysage, les navires affichaient des motifs géométriques aux couleurs criardes qui rendaient leur direction, leur taille et leur orientation très difficile à discerner.

Le designer propose ainsi plusieurs looks tape-à-l’œil, mix de peintures tribales et de clubbing cyberpunk. De quoi rendre les algorithmes de détection tout confus. Détournement d’E-dentités. Vous pensiez être à l’abri dans le cocon moelleux de votre réseau social préféré, et voilà que vous vous affichez tout sourire sur un site de rencontre, à votre insu, parmi des centaines de milliers d’autres inconnus au regard libidineux, sans doute tout aussi surpris de se retrouver là.

Détournement d’E-dentités

Vous êtes l’une des victimes du dernier rapt de données personnelles à grande échelle fomenté par le duo de renégats italiens, le théoricien des médias Alessandro Ludovico et l’artiste Paolo Cirio, qui ont passé des mois à télécharger un million de profils d’utilisateurs de Facebook. Des données publiques comme le nom, le pays, les groupes auxquels ils ont souscrit et surtout la photo de leur profil que les agitateurs ont consigné dans une base de données en ligne.

«Se plonger dans ces données fut une expérience hallucinante, intoxiqués que nous étions par ces sourires sans fin, ces regards séducteurs et ces expressions lascives , expliquent les auteurs. Droit dans l'actu: L'anonymat des blogueurs préservé. On se souvient qu’au mois de mai dernier, le sénateur Jean-Louis Masson avait déposé une proposition de loi «tendant à faciliter l'identification des éditeurs de sites de communication en ligne et en particulier des blogueurs professionnels et non professionnels».

Droit dans l'actu: L'anonymat des blogueurs préservé

Cette proposition, qui avait suscité une forte polémique, n’avait d’autre objectif que de légalement contraindre les blogueurs à écrire sous leur identité, à l’instar de l’obligation qui pèse sur les sites édités par des journalistes professionnels. Dans le prolongement de sa proposition, le Sénateur interrogeait en octobre dernier le garde des Sceaux, sur les difficultés rencontrées par des élus municipaux pour obtenir judiciairement l’identité de l’auteur de propos diffamatoires ou injurieux publiés sur des blogs. Droit à l'oubli numérique : les bonnes intentions de NKM. Imaginez un instant que le Gouvernement, pour une raison X ou Y, décide de faire signer une charte de bonne conduite autour des parcs d'attractions en France.

Droit à l'oubli numérique : les bonnes intentions de NKM

C'est un exemple comme un autre, mais pas si bête : les parcs d'attractions, c'est plutôt sympa, les jeunes adorent, mais parfois il peut y avoir des accidents aussi. Alors voilà, on convie la presse pour faire la promo de cette charte, mais surprise : au rayon abonnés absents, on trouve Eurodisney et le Parc Astérix. Le Luna Park de Royan est bien là, par contre, mais bon, ça n'a quand même pas trop d'allure. Voilà, de manière imagée, l'impression que nous a fait hier matin la signature de «la charte du droit à l'oubli dans les sites collaboratifs et les moteurs de recherche» (à lire ici en pdf ).

Interview de Mikael Viborg, patron de PRQ, l'hébergeur de Wikileaks et de Pirate Bay. On connaît désormais un peu mieux Julien Assange, le fondateur de Wikileaks, qui, après la publication de 77000 documents confidentiels sur la guerre d’Afghanistan a réussi à se faire pas mal d’ennemis.

Interview de Mikael Viborg, patron de PRQ, l'hébergeur de Wikileaks et de Pirate Bay

On connaît moins Mikael Viborg, ancien membre de l’équipe du site de téléchargement Pirate Bay, aujourd’hui patron de l’hébergeur suédois PRQ. Ce dernier, installé en Suède, revendique une position militante sur les thèmes de la liberté d’expression, de la protection des sources journalistiques, et de l’anonymat des internautes. Il héberge les sites de Wikileaks, de Pirate Bay mais aussi des sites rebelles tchétchènes ou encore des forums pédophiles.

Dessin de Pakman. Usurpateurs d’identwitté. Mais que c’est énervant d’être abusé à longueur de temps sur le Net, ce réservoir à trublions où l’anonymat est roi… Vivement qu’une loi nous permette d’y voir plus clair.

Usurpateurs d’identwitté

En attendant, il faut s’y résoudre : dix-sept ans après la parution dans le New Yorker du dessin culte de Peter Steiner (un canidé devant son ordi déclarant : «Sur Internet, personne ne sait que tu es un chien» ), savoir à qui on a vraiment affaire sur la Toile est toujours aussi peu évident. Prenez Twitter : le réseau de microblogging qui permet à tout un chacun de faire partager à ses abonnés des saillies, 140 caractères maximum.

Comme sur Facebook, les faux comptes (fake, en VO) y sont légions, et dupent régulièrement internautes et médias. Comment le faux Twitter du PS, tenu par l'UMP, a été débusqué. Capture d’écran du compte Twitter Solferinien.

Comment le faux Twitter du PS, tenu par l'UMP, a été débusqué

Nadine Morano n’a pas totalement tort quand elle affirme qu’« Internet est le temple des rumeurs ». Mais la secrétaire d’Etat à la Famille devrait d’abord balayer devant la porte de son propre parti. Le PS vient de découvrir qu’un compte Twitter, prétendument tenu par un socialiste anonyme, était en fait alimenté par l’équipe web de l’UMP. The Freenet Project - /index. Nouveau tour de vis sur les cybercafés chinois. Le gouvernement chinois accentue son contrôle sur les cafés Internet.

Nouveau tour de vis sur les cybercafés chinois

Dans plusieurs villes du pays, les internautes doivent désormais passer leur carte d'identité dans un lecteur magnétique afin d'avoir accès au web. Les données individuelles, qui sont contenues dans une puce intégrée à la pièce d'identité, sont ainsi transmises à un centre de contrôle qui peut vérifier les sites visités par l’internaute. Les caméras de surveillance des cafés Internet, obligatoires depuis plusieurs années, doivent désormais être reliées directement au centre de contrôle de l'Internet, géré par le gouvernement local. Ces mesures draconiennes, qui ont commencé à être mises en place l'an dernier, doivent éventuellement être étendues à tout le pays.