Beau temps. Ce matin, un peu plus que la veille, le trajet jusqu’à l’arrêt de bus a été pénible. Le brouillard avait une odeur âcre, l’air était quasiment perceptible à chaque passage vers les poumons : c’etait totalement irrespirable. Sur les grands axes, quelques panneaux lumineux informent, qui l’eût crû, que l’agglomération lyonnaise subit actuellement un pic de pollution, qui dure depuis le 17 novembre. La raison invoquée, et ce n’est pas une blague : une situation météo anticyclonique exceptionnelle !
Bien sûr, c’est le grand beau temps actuellement. Je reconnais malgré tout que les automobilistes ont des excuses. Je peux comprendre ceux qui continuent, malgré les messages appelant au civisme, à utiliser leur véhicule. Pas de raclement de gorge à craindre chez le Maire de Lyon, il préfère ferrailler avec les «khmers verts» pour défendre le siège doré d’un de ses copains. L’écologie, l’environnement, ça commence à bien faire… Tiens bon Eva ! Au revoir Madame. Facture professionnelle. Que des indélicats. Notre gouvernement sentant l’écurie toute proche, se démène et fait feu de tout bois pour conserver son triple A, qu’il est d’ailleurs le seul à percevoir comme tel puisque les marchés lui prêtent au taux du double A.
En matière de gesticulation autour de la dette du pays, la récente accélération quasi «supraluminique», comme les derniers neutrinos mesurés, de nos sages gestionnaires les ont conduit à une grande découverte. L’argent, il y en a, partout, à foison, et résulterait essentiellement de la fraude… La fraude, c’est selon mon vieux dictionnaire, un acte qui a été réalisé en utilisant des moyens déloyaux destinés à surprendre un consentement, à obtenir un avantage matériel ou moral indu ou réalisé avec l’intention d’échapper à l’exécution des Lois. On peut évidemment palabrer sur la teneur des règlements, mais en principe, c’est tout de même l’intérêt général qui prévaut. Et en tant que tel, frauder, c’est incontestablement faire du tort à autrui. Ne manquez pas : La boucle est (presque) bouclée. Ce week-end, on a «fêté» des victimes, celles de la grande guerre, décimant des générations complètes de pauvres hères, mais aussi celles, plus contemporaines, désignées par le marché, accusées de ne pas se plier aux exigences que réclame la situation actuelle de crise… Parler de fête est un brin exagéré, j’en conviens, même si les rues italiennes déversaient une liesse peu commune.
On peut se réjouir de l’écart du «Cavaliere» pour l’ensemble de son œuvre, mais faut-il pour autant se réjouir pour la suite ? Personne jusqu’à aujourd’hui n’a contesté la collusion entre le pouvoir politique et les milieux financiers, qui semblaient même faire bon ménage : chacun son rôle, chacun sa part de pouvoir et de gloriole. Après l’épisode grec du référendum avorté de justesse, la donne a changé. Désormais la finance prend résolument la main, écartant ouvertement les personnalités politiques, gênés qu’ils sont par les bribes restantes de démocratie, pour y placer ses pions. Mais pas tout à fait. L'invisible bonheur néolibéral. Cela fait 5 ans qu’il est parti, jour pour jour. Le poète est mort à 94 ans, en nous laissant un héritage que nous ne sommes pas près d’oublier. Tous les jours, son ombre plane et nous rappelle son message : le libéralisme est le seul système qui permette le développement économique.
Milton Friedman, prix Nobel d’économie en 1976, est LE théoricien de la révolution néo-libérale. Ses thèses, activement reprises partout sur la planète, même dans les endroits les plus improbables, alimentent les marchés et les gouvernants en doctrine dérégulatrice jusqu’à l’obsession. L’Homme, le commun des mortels dans tout cela ? Nul besoin d’être devin pour remarquer que le monde, dans ce modèle, est à bout de course, tousse et se déchire. Avec mes camarades blogueurs, je pose à nos décideurs la question : quel bonheur ?
Madame, Monsieur,Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Chacun doit payer. Alors qu’on a pas encore fini d’analyser complètement les conséquences du dernier plan de rigueur, voilà qu’en coulisse, certains députés UMP en font des tonnes, allant jusqu’à proposer que la représentation nationale, à titre d’exemple, réduise ses émoluments de 10%. Du coup, la mesure, somme toute symbolique, est une vrai rupture, mais laisse imaginer jusqu’où le prochain plan va nous mener… Le salaire d’un député passerait ainsi de 5.200 à 4.500 euros nets, auxquels il faut rajouter les invariables 6.200 euros de frais de représentativité, sans parler de la multiplication des pains des cumulards… La proposition émane de Lionnel Luca, député UMP des Alpes-maritimes, qui se justifie : «on est dans une situation difficile, comme jamais depuis la Seconde Guerre mondiale.
Je ne peux pas dire à mes concitoyens de faire des efforts et m’en exonérer». Courageux et louable en cette période troublée… L’économie réalisée serait de 5 millions d’euros. Semer du vent. Megaupload en sommeil. Beau temps. La vengeance. Cela fait des années, des dizaines même, où j’entends prononcer les mêmes logorrhées : c’est la crise, le pays vit au dessus de ses moyens, il n’est plus possible de continuer ainsi. Depuis que je travaille, soit depuis 30 ans, les crans sur la ceinture ont bougé, et pas qu’un peu, mais pas dans le sens voulu, au propre comme au figuré… Je consomme dans la limite de ce qui m’est possible de faire, sans fantaisie aucune, et contribue normalement aux charges de la Nation.
Je ne peux vivre à crédit et paie tout, sans aides, au prix fort. Je compte tout à l’euro près, et empile de plus en plus fréquemment des renoncements qui se transforment dans la durée en sacrifices chaque fois un peu plus douloureux. Mon livret A, comme seule épargne, a un solde positif de 0,65 euros… Mais de quoi suis-je donc coupable pour reprendre un nouveau coup de bâton dans les jambes ? Visiblement, je dois être un dangereux générateur de dette publique. Des efforts, cela fait 30 ans que j’en fais. Merci Edouard... Le premier billet du mois est traditionnel : c’est celui des remerciements pour les copains blogueurs de passage ici, et les visiteurs, lecteurs d’un jour ou peut-être même réguliers, pourquoi pas ? Mais j’avoue bien vite que la tradition me tire une sacré épine du pied, car compte-tenu de l’actualité, le choix d’un sujet est tellement étendu que je finis par m’y perdre… G20, dette, Charlie, UNESCO, référendum, Google+, tout cela en une seule journée !
C’est Homer qui m’a donné l’idée. Plutôt que de produire une belle liste récupérée par le jégounotron, j’ai préféré cacher les mercis pour les 63 liens qui m’ont été adressé en octobre un peu partout, dans ce billet. Octobre est un mois exceptionnel. Déjà, c’est celui de mon anniversaire. En octobre, l’actualité a tourné en rond autour du traitement de la dette et les primaires à gauche, sur fond de cliquetis d’armes automatiques de l’autre côté de la Méditerranée, comme le rappellent CaptainHaka, Iboux, et MHPA. Et novembre ?