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Entretien avec Jacques Bouveresse. Pr Jacques Bouveresse Comment analysez-vous votre parcours de philosophe ? Au Collège de France, partant de la logique et de la philosophie du langage, en 1995 (avec un séminaire sur les couleurs et la théorie de la perception), vous avez travaillé sur des auteurs du tournant du xixe et du xxe siècle, le Cercle de Vienne et Wittgenstein, vous êtes régulièrement revenu à la question de la perception, de la réalité, du temps, du langage, de la logique et des mathématiques, avez traité de la question des systèmes philosophiques, pour finir par une longue étude consacrée à Leibniz. Que signifie ce retour à Leibniz ? Je ne sais pas s’il faut parler d’un retour. Leibniz est un auteur qui m’a toujours intéressé et que, d’une certaine façon, je n’ai jamais complètement perdu de vue. Votre attitude envers Descartes est-elle toujours la même aujourd’hui ? Comme, par exemple, Leibniz ?

Oui, incontestablement. Oui, en un sens. Oui, on peut dire les choses de cette façon. Oui, en effet. La philosophie invisible. L'idée même qu'un poète puisse dire «ce qu'ils doivent faire» aux autres poètes qui viennent après lui, ou qu'un romancier puisse dire «ce qu'ils doivent faire» aux romanciers qui viennent après lui serait et paraîtrait absurde. Pourtant nous attendons toujours des philosophes non seulement qu'ils accomplissent ce qu'ils accomplissent, qu'ils aient des idées et qu'ils élaborent des distinctions, développent des argumentations et ainsi de suite, mais qu'ils disent aussi aux philosophes qui viennent après eux «ce qu'ils doivent faire».

H. Putnam1 Les malaises imputés à la philosophie ont donné lieu à toutes sortes de diagnostics et de supputations. Au début de son livre : Le philosophe chez les autophages, Jacques Bouveresse mentionne le cas de la poule de Kircher qui, placée en position couchée à l'intérieur d'un cercle préalablement tracé à la craie, demeurait dans cette position, paralysée et incapable de se lever2. Face à de telles situations, diverses attitudes sont possibles. L'éclairage salutaire de Jacques Bouveresse sur Bourdieu. OUVRAGE - Philosophe au Collège de France, Jacques Bouveresse publie une série de textes sur son ami sociologue Pierre Bourdieu.

“La méthode correcte, ce n'est pas d'essayer de persuader les gens qu'on a raison, mais de les obliger à penser par eux-mêmes.” La citation de Noam Chomsky est placée en exergue au récent ouvrage que le philosophe Jacques Bouveresse consacre à son ami Pierre Bourdieu, décédé il y a deux ans. De fait, au-delà du plaidoyer démocratique et du parti pris de se mettre au service des humbles et des opprimés qui a été celui du grand sociologue, l'idée que le savoir et le dévoilement de mécanismes de la domination sociale sont porteurs de changement et de progrès est largement discutée par Jacques Bouveresse.

Ce dernier confesse un pessimisme plus grand que son collègue: «J'ai toujours, je l'avoue, été plus sceptique que Bourdieu sur la possibilité réelle de parvenir à une transformation du monde social par une meilleure connaissance des mécanismes qui le gouvernent.» Lettre ouverte de Jacques Bouveresse au Nouvel Observateur. Élue professeure au Collège de France, la philosophe Claudine Tiercelin y a présenté le 5 mai dernier sa leçon inaugurale, La Connaissance métaphysique. Son projet s’inscrit dans un large courant international récent, qui développe une approche rationaliste, scientifique et réaliste des questions métaphysiques.

Elle s’appuie résolument sur une certaine tradition du rationalisme en France, largement ouverte aux philosophies de langue allemande et anglaise et au style de pensée analytique – tradition incarnée au Collège de France notamment par Jules Vuillemin (1962-1992) et par Jacques Bouveresse (1995-2010). Sous la plume d’Aude Lancelin, Le Nouvel Observateur – arbitre autoproclamé des valeurs philosophiques en France – a discrédité la nouvelle élue, ironisant dans un article de quatre pages sur « L’inconnue du Collège de France ». « Stupéfaction rue d’Ulm. Lettre ouverte au Nouvel Observateur Poussée de nationalisme philosophique à la rue d’Ulm 1. 2. 3. 4. 5. Bien cordialement à vous, Pierre Bourdieu, Blaise Pascal et les demi-savants de la philosophie. « Les philosophes se racontent beaucoup d'histoires » © Frédéric Poletti pour PM Jacques Bouveresse se livre peu, se méfiant d’une presse trop prompte à céder au sensationnel.

Cet érudit exigeant est connu pour ses positions critiques contre l’imposture tant philosophique que journalistique. Il revient sur Ludwig Wittgenstein et Robert Musil, dont il admire le courage et l’inflexibilité. Professeur au Collège de France, il est titulaire, depuis 1995, de la chaire de philosophie du langage et de la connaissance. Tout comme son ami Pierre Bourdieu, Jacques Bouveresse est animé par cet « esprit du grimpeur » dont il a fait l’un des principaux traits du sociologue. Du Jura où il est né dans une famille paysanne au Quartier latin, c’est en solitaire qu’il est devenu philosophe, après avoir été tenté par la religion.

Inscrivez-vous gratuitement pour lire l'intégralité de cet article Il suffit d'être membre de philomag.com pour accéder à cet article. Sur la rationalité des croyances religieuses. 1 Toutes les références entre parenthèse dans le texte vont à ce livre. 1Dans Que peut-on faire de la religion ? [Bouveresse 2011], Jacques Bouveresse examine les attitudes différentes de Russell et de Wittgenstein à l’égard des croyances religieuses1. En gros, Russell défend une conception évidentialiste. Elle est inspirée de William Clifford pour lequel « il est mauvais partout, toujours et pour quiconque de croire quoi que ce soit sur la base d’une évidence insuffisante » [Clifford 1876, p. 76]. Le critère évidentialiste de justification épistémique, héritage de Locke et de Hume, exige de proportionner nos croyances aux données dont nous disposons pour les fonder ou pour les justifier. Dès lors, Russell est convaincu, comme le dit Bouveresse, 2Wittgenstein pour sa part rejette le projet d’une rationalisation des croyances religieuses par la théologie naturelle : en partant de prémisses non religieuses, elle prétend justifier l’existence de Dieu, voire expliciter sa nature.

Que peut-on faire de la religion ? YS : Quelles sont, à vos yeux, les tâches d'un philosophe en ce qui concerne les religions ? Peut-être que cette question en sous-entend une autre. Quelles sont les "choses" à ne pas faire pour un philosophe, en ce qui concerne l'étude des religions ? 1 Voir le compte-rendu par Roger Pouivet de Que peut-on faire de la religion ? Dans ce même numéro. JB : Pour être tout à fait franc, je ne suis pas certain d’être très bien placé pour répondre à cette question et je n’ai pas non plus essayé de le faire dans le livre dont nous parlons, ne serait-ce que parce que, à la différence de Roger Pouivet1, je n’ai ni une connaissance suffisamment précise et étendue de l’état présent de la philosophie de la religion ni un intérêt suffisant pour elle. Dans Que peut-on faire de la religion ? YS : Comment vous situez-vous par rapport aux thématiques contemporaines du retour des religions ou de la sortie de l'humanité hors de l'époque des religions (Marcel Gauchet par exemple) ?

Sur la « détresse lamentable des honnêtes gens face aux gens culottés » — Quels outils utiles peut apporter la philosophie à la société ? Quel serait le rôle susceptible d’être joué par le philosophe dans cette tâche ? C’est une question tellement difficile qu’il faudrait des pages et des pages pour y répondre convenablement. Je dirai simplement que les attentes et les espérances que suscite et encourage généralement la philosophie à propos de ce genre de question, dans des pays comme la France probablement encore plus qu’ailleurs, me paraissent la plupart du temps illusoires et condamnées à être tôt ou tard déçues.

J’ai toujours été étonné, en particulier, de l’espèce de magistère suprême que les philosophes sont convaincus de pouvoir exercer dans le traitement des questions sociales et politiques et de la contribution déterminante qu’ils se considèrent comme capables d’apporter à leur résolution. . — Qu’est-ce qui vous a amené à étudier Karl Kraus ? — Qu’est-ce que Die Fackel a signifié pour la société viennoise de l’époque ? En ligne: Jacques Bouveresse, Dans le labyrinthe: nécessité, contingence et liberté chez Leibniz + videos des cours. Jacques Bouveresse Dans le labyrinthe: nécessité, contingence et liberté chez Leibniz Cours 2009 et 2010 Éditeur scientifique Jean-Matthias Fleury Collection : Langage et connaissance site éditorial « La philosophie de la connaissance au Collège de France » 2012 Présentation de l'éditeur C’est Leibniz lui-même qui a parlé de « labyrinthes à erreurs » à propos de deux problèmes philosophiques centraux : celui du continu et celui de la liberté.

Du premier, on peut dire en suivant Vuillemin que, depuis la formulation des paradoxes de Zénon, il a dominé l’histoire de la philosophie théorique ; du second, qu’à travers une autre aporie, celle de Diodore, il a dominé l’histoire de la philosophie pratique. L’objet de ce cours des années 2009 et 2010 se situe d’une certaine façon directement dans la suite de celui du cours des deux années précédentes, consacré à une tentative de réponse à la question « Qu’est-ce qu’un système philosophique ? ». 1. La solution de Diodore • 2.