background preloader

Est-il encore possible de s'habiller comme on veut?

Facebook Twitter

100 Years of Beauty in 1 Minute. Au Brésil, la mode évangélique s'emploie à couvrir (strictement) les femmes. Avec 55 millions de fidèles et des codes vestimentaires précis, le marché de la mode évangélique est en pleine expansion au Brésil.

Au Brésil, la mode évangélique s'emploie à couvrir (strictement) les femmes

Loin des clichés de la Brésilienne court-vêtue, de plus en plus de femmes choisissent de se couvrir. Reportage. Avec ses quatre ou cinq sacs de fringues déjà pleins, Isabel vient de rentabiliser son après-midi shopping à São Paulo. Comme une fois par trimestre depuis trois ans déjà, la Brésilienne de 24 ans vient remplir sa garde-robe dans les avenues du Bras, le quartier de la confection de São Paulo. “J’habite et j’étudie à São Carlos, à 250 kilomètres d’ici. Derrière son air mutin, Isabel est une évangélique convaincue et pratiquante. “Les femmes sont beaucoup trop sexy… En été ou en hiver, elles sont à moitié nues. Des vêtements répondant aux critères des églises évangéliques Certaines pièces sont même ornées d’un verset de la Bible.

Un retour en arrière pour les femmes. Burkini : «On peut être choqué sans pour autant interdire» Jean Baubérot, fondateur de la sociologie de la laïcité, qui s’était prononcé contre l’interdiction du voile à l’école en 2003, prône une laïcité non stigmatisante.

Burkini : «On peut être choqué sans pour autant interdire»

Que vous inspire la polémique autour du burkini ? Y a-t-il une bouffée laïcarde ? Ou serait-ce de l’ultravigilance nécessaire ? C’est bien le dilemme. Depuis les attentats de janvier 2015, il existe une menace jihadiste à laquelle est confrontée la très grande majorité des Français, musulmans compris. Dans cette situation grave et incertaine que nous vivons, il existe un débat, vraiment sérieux, entre deux options : d’un côté, donner au plus grand nombre le sentiment qu’ils font partie de la collectivité et isoler les ennemis de la République ; de l’autre, dire «il y a glissement» et sévir à la moindre occasion qui semble choquante.

On peut être choqué, par le voile, par le burkini, et il peut et il doit y avoir débat, mais sans pour autant interdire. A lire aussi Burkini : un pavé dans la mer Ils majorent le problème. Le créneau de la mode musulmane. Début janvier, la nouvelle est tombée, tonitruante, via une campagne de pub: la marque Dolce & Gabbana lance une ligne de hijabs et d’abayas.

Le créneau de la mode musulmane

Le couple Domenico Dolce et Stefano Gabbana, plutôt connu pour son imagerie catho sexy, ses femmes façon veuves siciliennes hot à grosses croix, aurait-il viré sa cuti religieuse ? La vérité est sans doute bien plus concrète et opportuniste. Car la mode musulmane est un marché porteur: selon l’agence de presse Reuters, en 2013, les musulmans ont dépensé 266 milliards de dollars en habillement. Ce chiffre pourrait atteindre 484 milliards de dollars d’ici à 2019. Un des modèles de la collection Abaya de Dolce & Gabbana présenté en janvier. Pour Frédéric Godart, sociologue et chercheur (1), cette population constitue une «nouvelle cible pour des marques de luxe qui stagnent de plus en plus et sont en manque de relais de croissance. Quand les religions créent la tendance, de la "modest fashion" à Dolce & Gabbana. Eternel débat, d’Eve à Phoebé, de l’épouse du Prophète aux musulmanes d’aujourd’hui, de Sarah aux juives orthodoxes de 2016, comment la femme de religion monothéiste, doit-elle s’habiller ?

Quand les religions créent la tendance, de la "modest fashion" à Dolce & Gabbana

La « modest fashion » tente une réponse, les marques de haute couture se saisissent de la tendance. La « modest fashion » touche en fait toutes les religions : le seul dénominateur commun entre toutes ses déclinaisons est d’éviter de porter des vêtements qui inciteraient une forme d’attirance sexuelle. Devant être « un exemple de stabilité et de bon jugement », on peut constater que la femme fréquentant un lieu de culte, n’est pas toujours à l’aise avec sa garde robe : la beauté du cœur est toujours louée, la parure du corps, presque toujours sujet à des débats, et ce, dans toutes les religions monothéistes.

Joyce Flores Estilo Aliso. Elisabeth Badinter : « la ’ tolérance’ s’est retournée contre celles que l’on croyait aider » Dans un entretien au Monde, la philosophe féministe Elisabeth Badinter évoque le relativisme culturel qui, selon elle, a empêché de voir l’inquiétante montée de l’islamisme en France.

Elisabeth Badinter : « la ’ tolérance’ s’est retournée contre celles que l’on croyait aider »

Lire l’entretien en intégralité en zone abonnés : Elisabeth Badinter appelle au boycott des marques qui se lancent dans la mode islamique Sur le rôle de la loi « La “tolérance” s’est retournée contre celles que l’on croyait aider », explique la militante de la laïcité, qui assure qu’en dix ans le port du voile s’est répandu chez les « filles des quartiers », et ce du fait d’une « montée de la pression islamique ». « Seule la loi peut protéger celles qui le portent sous cette pression. » Sur l’accusation d’islamophobie Elle estime que beaucoup de citoyens sont « tétanisés par l’accusation d’islamophobie ». « Etre traité d’islamophobe est un opprobre, une arme que les islamo-gauchistes ont offerte aux extrémistes.