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Pour en finir avec le mythe des « millennials » Personne ne s’est jamais senti, ou identifié de lui-même, comme un « millennial ».

Pour en finir avec le mythe des « millennials »

Comme une étiquette collée au front de millions de personnes nées entre 1980 et 2000, le terme a pourtant réussi son coup, s’infiltrant bien au-delà des cercles du marketing, et propageant dans les médias et les entreprises une flopée de stéréotypes, souvent contradictoires – « insouciants mais citoyens, nonchalants mais hyperactifs, ultra-connectés mais à la vie sociale riche en expériences IRL », ou encore narcissiques et chochottes. Ceux-ci pourraient à première vue paraître tout simplement inutiles. Peu importe, après tout, s’ils enrichissent le marché florissant du consulting générationnel, ou donnent matière à des livres plus sérieux mais pas avares en raccourcis, comme Génération Internet, de l’américaine Jean Twenge, dont nous parlions récemment. Dans les années 1980, encouragés par la crise économique, les discours autour d’une « guerre des âges » se multiplient. L’invention du millennial. Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre.

L'autoportrait est sombre.

Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre

Amenés à définir leur génération, ce sont les mots « sacrifiée » ou « perdue » qui leur viennent le plus souvent à l'esprit. A l'automne 2013, les jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. 210 000 se sont pris au jeu de cette opération « Génération quoi ? ». Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche exceptionnel pour les deux sociologues de la jeunesse Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences respectivement à l'EHESS et à l'université Paris-VIII, qui ont contribué à concevoir le questionnaire.

Ils en tirent aujourd'hui pour Le Monde les principaux enseignements, en se focalisant sur la tranche d'âge des 18-25 ans, centrale pour l'analyse. La vie en noir Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. Un besoin de reconnaissance Pascale Krémer. Inégalités entre les générations : la jeunesse française est-elle sacrifiée ?

La France maltraite-t-elle ses nouvelles générations ?

Inégalités entre les générations : la jeunesse française est-elle sacrifiée ?

Fait-elle, plus que d'autres pays occidentaux, le sacrifice de sa jeunesse ? C'est la thèse de Louis Chauvel, sociologue à l'université du Luxembourg. En 2010, il sortait, sur le même thème, Le Destin des générations (PUF). Dans une tribune publiée dans Le Monde du 10 juin, il avance de nouveaux chiffres qui montrent la spécificité française de cet écart de niveau de vie entre générations. Lire la tribune (en abonnés) : Une France qui sacrifie sa jeunesse En étudiant 17 pays occidentaux, le chercheur a noté que, si les jeunes nés autour de 1975 « avaient eu la chance de suivre la tendance de croissance exceptionnelle des niveaux de vie dont ont bénéficié les cohortes nées entre 1929 et 1950 », leur niveau de vie serait 30 % plus élevé qu'il n'est. Note2. «La guerre des générations est une fiction impossible»

La guerre entre les générations pourrait être un bel enjeu pour la campagne présidentielle.

«La guerre des générations est une fiction impossible»

Retraites, droits de succession, allocation pour l’autonomie, revenu universel : ces débats pourraient-ils faire exploser une guerre latente, qui opposerait les jeunes précaires et les «papy-boomers» bien lotis, les adolescents connectés et les seniors dépassés, les actifs et les oisifs ? Pour le sociologue Serge Guérin, spécialiste des enjeux du vieillissement et de la solidarité, et le philosophe Pierre-Henri Tavoillot, le lien intergénérationnel n’a, au contraire, jamais été aussi fort qu’aujourd’hui. Dans La guerre des générations aura-t-elle lieu ? (Calmann-Lévy), les auteurs affirment que l’intergénérationnel est même le meilleur levier social dont la France dispose. Une thèse qui va à rebours de celle du sociologue Louis Chauvel, qui affirme qu’il y a bien une guerre entre générations.

L'Europe sacrifie-t-elle ses jeunes ? Peut-on parler de jeunesse sacrifiée ?

L'Europe sacrifie-t-elle ses jeunes ?

Que peut-on craindre pour les jeunes aujourd’hui ? Taux de chômage des jeunes : 55,3 % en Grèce, 53,2 % en Espagne, 35,3 % en Italie, 24,3 % en France… La génération qui entre actuellement sur le marché du travail est-elle une « génération sacrifiée » ? Beaucoup d’auteurs le redoutent. Pour Louis Chauvel et Pierre-André Imbert, la réponse est affirmative. Mais la génération aujourd’hui quarantenaire l’a aussi été.

Non, la jeunesse n’est pas sacrifiée. La France sacrifie-t-elle sa jeunesse. Dans les manifestations contre la loi travail qui ont émaillé le printemps 2016 en France, nombre de jeunes actifs et d’étudiants ont exprimé leur colère face à ce qu’ils considéraient comme une attaque de plus portée à l’encontre de leur génération.

La France sacrifie-t-elle sa jeunesse

Pendant la même période et à l’instar des « Indignés » espagnols, le mouvement Nuit debout a amené chaque soir et pendant plusieurs semaines des centaines de jeunes hommes et de jeunes femmes à se regrouper sur la place de la République à Paris pour réfléchir à la manière de construire une autre société.