La question du cumul fait grincer des dents au PS. Une "nouvelle frontière", rien de moins. C'est ainsi qu'Arnaud Montebourg qualifie la proposition de limiter le cumul des mandats au sein du PS. Réclamée par les militants, promise par Martine Aubry aux universités d'été du parti en 2009, cette réforme "est un premier pas considérable" dans le sens d'un "nécessaire renouvellement", pour "l'apparition d'une diversité" dans une classe politique "beaucoup trop homogène" et "l'émergence de positions qui ne sont pas toutes formatées", s'enflamme le député de Saône-et-Loire, chargé de réfléchir à la "rénovation" du parti… Et qui cumule lui-même son mandat de député avec celui de président du conseil général.
Selon les nouvelles règles approuvées par les militants, le PS interdirait à ses élus de cumuler un mandat parlementaire (député ou sénateur) avec une présidence d'exécutif local (maire, président d'une communauté d'agglomération, président de conseil général ou régional). M. Le Monde. Le PS veut en finir avec les cumulards. Venu présenter mardi soir au bureau national du PS les premières conclusions de ses travaux sur la rénovation du parti, Arnaud Montebourg a décliné son credo sur le non-cumul des mandats. En accord avec Martine Aubry, retenue par un voyage officiel en Inde, il a rappelé le vote des militants le 1er octobre dernier : ceux-ci ont validé « l’impossibilité de cumuler » une charge de parlementaire avec une présidence d’exécutif local (mairie, intercommunalité, conseil général ou conseil régional) ou la participation à celui-ci (vice-président, maire-adjoint).
Si cette mesure était appliquée aujourd’hui, elle concernerait 110 députés et 71 sénateurs, soit 66 % des parlementaires socialistes et radicaux de gauche. Parmi eux, plusieurs « figures » du parti : Claude Bartolone, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, François Hollande, Pierre Moscovici, Manuel Valls, François Rebsamen, mais aussi… Montebourg lui-même ! Politique : Remous au PS sur le cumul des mandats. Gérard Collomb et François Rebsamen mènent la fronde contre l'un des marqueurs de la rénovation du PS d'Aubry. Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie. C'est une «nouvelle frontière» que tous les socialistes ne sont pas décidés à franchir. En charge de la rénovation au PS, c'est par cette expression qu'Arnaud Montebourg a décrit l'instauration de la règle du non-cumul des mandats au sein de son parti . L'idée n'est pas nouvelle.
La question doit être tranchée le 3 juillet prochain lors d'une convention du parti sur la rénovation où sera également examinée la procédure des primaires. Situation paradoxale Lui-même cumulard, puisqu'il est député et président du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg est prêt à abandonner son mandat national pour se consacrer à son département. Martine Aubry a fait de la fin du cumul l'un des marqueurs de la rénovation du parti. Ce n'est pas vraiment un hasard si la fronde est menée par deux sénateurs. Au PS, les « cumulards » font de la résistance. Souvenez-vous : La Rochelle, septembre 2009, Martine Aubry lance la rénovation du PS. Un mois plus tard, les militants votent à 72 % la fin du cumul entre un mandat local (président ou vice-président) et un fauteuil de parlementaire, ainsi que la parité totale. Une affaire pliée ?
Les réactions au rapport Montebourg sur cette réforme prouvent que non. Inconvénients. Le non-cumul « est un marqueur de principe qui sera démenti par les faits », entend-on dans les couloirs de Solférino, au siège du PS. « Ceux qu'on appelle les barons, déplore Gérard Collomb, le maire de Lyon, n'ont pas eu leur mot à dire. » Prenant l'exemple d'un grand maire, François Rebsamen, le sénateur-maire de Dijon, ajoute : « On lui demande d'annoncer à l'avance qu'il va démissionner s'il est élu. Enfin, à ne présenter que des inconnus aux cantonales de mars 2011 et aux sénatoriales de septembre, le PS risque de rater le contrôle du Sénat, désormais à portée de main. Avantages. Compromis. La guerre aux "cumulards" en route au PS - Politique.
Cumul: Lang dénonce une "République des notables" et appelle à s. L'ancien ministre PS, Jack Lang, dénonce le cumul des mandats, fustigeant une "République des notables", un "système qui asphyxie la République" et appelle à soutenir "plus que jamais" Martine Aubry, qui veut y mettre fin au PS.Dans une tribune dans Le Monde daté de mercredi, le député du Pas-de-Calais écrit : "Qu'on cesse de verser des larmes de crocodile sur la coupure entre l'élite dirigeante et le peuple, et spécialement sa jeunesse, qui ne se reconnaissent pas à travers cette République des notables". "Une véritable révolution est à accomplir qui bannirait l'accaparement des responsabilités par une poignée de +cumulards+", juge M.
Lang. " Sur le non-cumul, Aubry tient tête aux sénateurs. Les sénateurs socialistes la somment de ne pas «se tirer une balle dans le pied», à un an des sénatoriales de 2011, où, pour la première fois sous la Ve République, une victoire de la gauche est possible. Martine Aubry ne compte pas céder. La première secrétaire confirme l’application du non cumul des mandats pour le scrutin sénatorial. Lors de la consultation, le 1er octobre 2009, sur la rénovation du PS, «les militants ont tranché. La question est derrière nous», campe Aubry, appelant son parti à «l’exemplarité». Et défendant le non-cumul «aussi important que les primaires» dans le processus de modernisation du PS, selon elle. S’ils sont d’accord sur le principe, les sénateurs pointent le risque de passer à côté d’une victoire historique au Sénat en 2011 pour une règle que leurs adversaires de droite ne s’appliquent pas à eux-mêmes.
«Je leur dis: va former un autre groupe»