Les résultats détaillés. Le dissident Pierre Charon élu, l'UMP Isabelle Balkany battue. Basculement historique du Sénat à gauche, à 7 mois de la présidentielle. Sarkozy entre dans l'histoire ! Ce que changerait un Sénat à gauche. La victoire de la gauche au Sénat acquise dimanche 25 septembre laisse la porte ouverte à une surprise, samedi, lors de l'élection du président du Sénat. Gérard Larcher, le président sortant (UMP) de la chambre haute, dont on sait déjà qu'il est réélu comme sénateur, prévenait qu'un basculement du Sénat à gauche ne constituerait "pas un drame". Mais ce revirement serait à n'en pas douter un séisme politique. Ainsi qu'une première sous la Ve République. Cette défaite de la majorité est aussi très symbolique, ne pouvant qu'impacter la campagne présidentielle à venir. Le basculement à gauche, s'il se confirme samedi, aurait également des conséquences concrètes sur les entreprises de l'UMP.
Deux grands chantiers attendent le Sénat. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 doit ainsi être examiné à partir de la mi-octobre, suivi par le budget pour 2012. Un processus ralenti. Si le Sénat bascule à gauche… Sénat : l’hypothèse de la Chambre rose. Dimanche, c’est une certitude, le Parti socialiste aura gagné de nombreux sièges de sénateurs. Suffisamment pour que la Haute Assemblée bascule à gauche ? «Oui»,répond sans hésiter Jean-Pierre Bel (lire ci-dessus), patron du groupe socialiste et candidat à la présidence du Sénat, en concurrence avec Catherine Tasca (PS, Yvelines).
«Non», certifie le président sortant, l’UMP Gérard Larcher. Les deux rivaux ne travaillent pas sur les mêmes hypothèses. Pourquoi la gauche va gagner Sont appelés à voter 71 890 «grands électeurs» issus des élections législatives, régionales, cantonales et municipales. Mais les députés, conseillers régionaux et généraux, qui ont une étiquette politique bien définie, ne représentent que 5% du corps électoral. «Ces élections ne relèvent pas d’une logique nationale, mais de microclimats locaux», résume l’ancien ministre Hervé de Charette, supporteur de Jean-Louis Borloo pour 2012, mais qui dans le Maine-et-Loire ne soutiendra pas la liste parrainée par ce dernier. Le PS revendique la majorité absolue au Sénat. «Ce 25 septembre est un jour qui marquera l’Histoire» (Jean-Pierre Bel).
«Ce soir, la gauche est majoritaire au Sénat» (François Rebsamen). «Les élus de France ont exprimé la volonté profonde de changement du pays» (Jean-Marc Ayrault), «une victoire formidable historique» (Martine Aubry). Ce dimanche, vers 19 heures, les socialistes ne parlent plus au conditionnel: ils revendiquent la majorité absolue de la chambre Haute, alors que les résultats du renouvellement de la moitié des sièges de sénateurs continuent de tomber. Le chef de file des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel annonce, à 19h15 - «en l’état actuel de nos informations»- «24,25 ou 26 siègges supplémentaires» pour la gauche: «De façon certaine, le Sénat compte ce soir au moins 175 sénateurs et sénatrices de gauche, c’est-à-dire au-delà de la majorité absolue», à... 174 sièges sur 348. «On sent une lame de fond» Ce vote est évidemment un signal fort, à sept mois de la présidentielle.
Bel, candidat à la présidence, met en garde l'UMP.